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Vendredi 8 juillet 2011 -
Départ d'Ayamonte vers midi et cap au ... SUD ! Oui, c'est
décidé, LE VOYAGE CONTINUE ! En route pour l'archipel de
Madère dans un premier temps, puis les Canaries et les Antilles
à la fin de l'année !
de
vitesse, mais nous nous sommes organisés pour limiter la
gîte - donc augmenter le confort et calmer nos estomacs - et nous
avons réduit en conséquence la voilure. Le principal
était d'arriver de jour au mouillage de la Playa Francesca, que
ce soit dans la matinée ou l'après-midi, peu
importait.
Pour retraverser
vers les Caraïbes il faut attendre la fin de la saison cyclonique. Ce serait
trop imprudent de partir avant novembre. Nous avons donc de deux à trois mois à
passer aux Canaries. Amplement le temps de faire tous les travaux d’entretien
et d’amélioration que nous avions prévus de réaliser l’hiver prochain aux
Antilles. Arrivés en Martinique nous serons plus libres de notre temps pour
reprendre la plongée !
Pour toutes ces
modifications et cet entretien, il nous faut de l’électricité, donc … hélas !
« enchaîner » Pro’s Per Aim dans une marina, nous mettre dans ces
prisons dorées pour bateaux que nous n’aimons vraiment, mais vraiment
pas ! et c’est vers la marina du sud de Lanzarote que nous poussons notre
étrave.
Hélas, cette
marina, que nous nous refusons de nommer, va être à la hauteur de nos craintes
les pires ! Bateaux à moteur avec plantations de tomates sur le pont (oui
oui !), chiens-chiens minuscules mais gueulant après tout ce qui bouge,
antennes satellites pour réception des programmes nationaux Allemands, Anglais,
Hollandais ou Espagnols, etc. 
Et le clou du spectacle, c’est le marché captif
des travaux exercés par le petit chantier local. Prix exorbitants, délais se
chiffrant en semaines et en mois, incompétence notoire etc. L’exemple qui nous
a le plus choqué a été celui d’un bateau Suisse mis à l’eau au printemps
dernier et présentant quelques cloques sur sa carène. Ce chantier a
diagnostiqué un problème d’osmose et a convaincu le propriétaire qu’il fallait
traiter le plus vite possible. Le chantier a commencé à mettre la coque à nu
pour faire le traitement habituel dans ce cas … Il n’y avait pas
d’osmose ! Mais il était trop tard, les travaux étaient en route et
ils ont duré … 2 mois et 2 jours avec une facture de … tenez-vous bien … 11 000 euros ! Incroyable !
A
l’opposé, une
entreprise montée par un Allemand (Waterline Yachtservice) est
interdite de
travail sur cette marina. Les quelques bateaux qui ont quand même
fait appel à
son manager (Henning) ont été parfaitement satisfaits des
délais, des prix et
surtout de la qualité « allemande » du
travail effectué. Pourquoi cet interdit ? Y aurait-il des
pots de vin à verser quelque
part ?
La morale de cette
histoire est que, si vous avez des travaux à faire faire sur Lanzarote, fuyez
cette marina du Sud au profit de celle de PUERTO CALERO où Waterline
Yachtservice est « autorisé » à travailler.
La bonne surprise
a été de constater que Pro’s Per Aim était toujours comme neuf, que rien
n’avait bougé ou s’était abîmé.
La mauvaise
surprise a été de découvrir que l’alliage d’aluminium du carter du guindeau
n’était pas compatible avec l’aluminium de la plaque support de ce dernier.
Malgré une isolation caoutchouc, l’électrolyse avait fait son œuvre et il nous
a fallu changer cette dernière. Dans la foulée nous avons procédé au
remplacement des arrivées électriques et mis en place une boîte étanche pour
ceux-ci dans le coffre suspendu. C’est Henning de Waterline Yachtservice qui
nous a fait la plaque alu sur mesure en 24 heures. Merci Henning !
installé de nouveaux panneaux solaires plus
performants, mis en
place un second régulateur pour pouvoir brancher les anciens
panneaux dans les filières
au mouillage et entamé la couture de nouvelles housses de coussins et des rideaux du carré. Les
joints du
vérin du pilote ont été changés, les
roulements de l’éolienne également et …
après 6 années de bons et
loyaux
services, nous nous sommes décidé à abandonner le
sérieux et efficace
« nœud de chaise » pour épisser nos
aussières et tout ce qui pouvait
l’être !
Maintenant Pro’s Per Aim fait
« bateau sérieux » prêt à
partir naviguer au loin ! La preuve ? Tous ces travaux de
matelotage
faits par son valeureux équipage ! Et d’autant plus que
nous nous sommes
attaqués aux reprises de peintures de la
« carrosserie » !
Imaginez votre voiture après 6 années et un tour du monde
et vous aurez une
idée du nombre de petites retouches à faire !
Il y a également eu la
semaine formidable que nous avons passé avec Benjamin revenu nous voir (la
dernière fois nous étions en Nouvelle Calédonie).
Et puis, il ne
faudrait quand même pas oublier la re-visite de cette île étonnante et originale
de Lanzarote avec ses dromadaires bien adaptés à la sécheresse saharienne du lieu,
ses cactus aussi variés en taille et en forme que possible, et ses cultures
utilisant des techniques d’optimisation de la faible humidité ambiante.
Parmi les re-visites incontournables nous sommes retournés voir la côte Sud
et ses criques, la caldeira effondrée d’El Golfo, la coulée de lave de Los
Hervideros, le célèbre Jameos Del Agua exploitant un lavatube et
l’incontournable parc national de Timanfaya avec ses volcans à peine éteints.
Oui, nous aimons beaucoup Lanzarote et nous y reviendrons avec plaisir plus tard, un jour … Qui sait !
Samedi 15 octobre 2011-
Nous préparons Pro's Per Aim. Demain nous larguons les amarres.
Au revoir Lanzarote. Dans 48h environ nous serons à La Palma,
île la plus occidentale des Canaries où nous attendrons dans la marina de Tazacorte le
bon moment pour traverser vers les Antilles.
Autant Lanzarote bénéficie d'un climat sec et désertique, autant La Palma a la chance d'être bien arrosée. Il faut dire qu'avec son sommet culminant à 2500 m elle a tout ce qu'il faut pour arrêter les nuages !
Le résultat de ce mariage entre la pluie, le soleil et les sols volcaniques riches, est un bel étagement de la végétation. Tout d'abord, on trouve les immenses bananeraies plantées sur terrasses, puis la forêt de résineux suivie de celle des arbres à feuilles caduques, et pour finir la steppe d'altitude et son paysage minéral.
Une autre caractéristique de La Palma, c'est la pureté et la clarté de son atmosphère avec pour résultat la construction de nombreux observatoires astronomiques. Plusieurs pays ont obtenu l'autorisation d'installer un télescope à plus de 2000 m d'altitude sur le flanc nord de la grande caldeira.
De la crête nord de cette caldeira on bénéficie d'un côté d'une vue plongeante sur la mer, tandis que de l'autre on surplombe la mer de nuages. C'est d'ailleurs un spectacle fascinant que de voir cette mer de nuages tenter en vain de sortir de la caldeira.
Autre caractéristique de LA PALMA, ce sont les paysages fascinants que nous découvrons, paysages liés à la jeunesse de son volcanisme.
De retour aux Canaries début janvier 2012, après avoir passé les fêtes de fin d’année en famille en France, nous restons deux jours à Tenerife pour visiter le parc naturel du Teide : encore des paysages volcaniques fantastiques, lunaires ! Impossible de s’en lasser !Dimanche 8 janvier 2012, midi, nous larguons les amarres, cap au 260°.
Pour ceux qui ont une carte sous les yeux, le 260 n’a et ne sera jamais la route apparemment directe pour la Martinique. Et pourtant c’est bien vers la Martinique que nous partons.
C’est
la seconde transat d’Isabelle et la quatrième du Capitaine
qui a décidé cette année de tenter la route
orthodromique.
Pour les non marins, l’orthodromie est la route la plus courte
bien qu’elle fasse un arc de cercle sur la carte au lieu
d’une ligne droite (appelée route loxodromique). La
différence est de l’ordre de 150 milles soit une
journée de mer. Pourquoi ? Tout simplement parce que la terre
n'est pas plate comme sur une carte mais qu'elle est ... ronde !
L’inconvénient
de l’orthodromie, c’est que nous risquons de ne pas avoir
assez de vent et d’être trop près de
l’anticyclone des Açores.
En fait, nous allons suivre cette orthodromie et gagner la Martinique
en 20 jours et 2 heures pour une distance parcourue de 2550 milles. Nos
amis de SAS3 partis en novembre ont parcourus 2700 milles en 17
jours et OTTER II qui a traversé en même temps que nous et
qui a décidé de commencer par prendre du Sud pour avoir
des alizés bien établis a mis 23 jours et a parcouru 3200
milles ! Nous n'avons pas marché bien vite, mais notre distance
à parcourir était bien plus courte !

Comment s’est passée cette transat ?
- 16 jours de beau temps F4 ENE – donc pas de mer formée.
- 2 jours de grains très violents entrecoupés d’absence de vent
- 2 jours de F6 ENE (les 2 derniers jours) avec une mer chaotique forte
passant à très forte (creux de 5 à 6 m). Comme ces
deux journées étaient à l’arrivée,
quelle que soit la route choisie nous ne pouvions pas y échapper.
- Un des deux réflecteurs radar a été
arraché pendant un grain noir. C’est le seul petit
incident que nous ayons eu. Pro’s Per Aim est toujours dans un
état impeccable après cette nouvelle transat. Aucun
travaux à prévoir ! Nous aurions vraiment eu tort de nous
en séparer vu sa fiabilité, sa solidité et sa
condition parfaite.
Donc
l’option orthodromie s’est avérée bonne avec
de magnifiques couchers de soleil, des paille-en-queue venus nous
saluer et quelques belles coryphènes au bout de
l’hameçon !
Samedi 28 janvier 2012, à 10 heures du matin
notre ancre plonge dans la baie de Ste Anne au Sud de la Martinique et
en début d’après-midi nos amis de SAS3 et
d’OTTER II (ici depuis l’avant veille) viennent nous
chercher pour fêter notre arrivée aux Antilles.