Le journal d'Isabelle


Jour après jour, Isabelle rédige le journal de notre voyage. Adapté pour la  radio  depuis mai 2008, voici les textes ayant été diffusés.


Le passage du Canal

Le golfe de Panama


PRO’S PER AIM passe le CANAL DE PANAMA
mercredi 16 et jeudi 17 janvier 2008



Mercredi 16, le matin – Marina Shelter Bay dans la baie de Colon

Une dernière lessive, un coup de jet sur le pont, les panneaux solaires à protéger avec les coussins du cockpit, le remplissage du tank à eau, le plein de gasoil, les derniers échanges de mails et les coups de téléphone nous occupent toute la matinée.


Mercredi 16, début d’après-midi

Pour le passage des écluses, il faut être 6 équipiers :
  •  4 handliners pour chacune des aussières réglementaires de 40m nous reliant au quai.
  •  1 barreur
  •  1 pilote officiel de l’Authority of the Canal of Panama dont le sigle est « ACP »

Nous quittons la marina et Luciano, Danilo et Nando nous guident vers le Flat où nous devons attendre le pilote.
Surprise agréable en arrivant de l’autre côté de la baie ! Nous retrouvons José et Betty ainsi que François et Eva qui ont jeté l’ancre ici pour préparer leur transit. Ils sautent dans leurs annexes pour venir passer un petit moment avec nous. Il y a de l’excitation dans l’air ! Le Canal est mythique, c’est un moment fort dans la vie d’un marin. Et puis nous allons changer d’océan. Je n’ai jamais vu le Pacifique ! En quoi est-il différent de l’Atlantique ? Dans la mer des Caraïbes, nous avions perdu l’habitude des marées. Il paraît que, de l’autre côté, les marnages sont de l’ordre de 4 à 7m.

17h30- Luciano, Danilo et Nando installent les aussières, deux à l’avant et deux autres à l’arrière, ainsi que les huit pneus qu’ils répartissent régulièrement le long de la coque pour la protéger des chocs contre les autres bateaux ou les quais des écluses. Guy complète la protection en ajoutant plusieurs de nos pare-battages.

18h- Le soleil se couche, il va faire nuit très vite maintenant. Et si le pilote nous avait oubliés !
Non ! Une vedette de l’ACP s’approche et nous aborde avec délicatesse. Le pilote saute à bord. Avec lui, nous allons passer les trois écluses montantes de Gatun. Il nous guidera ensuite sur le Lac de Gatun jusqu’aux bouées où nous nous amarrerons pour la nuit.

Le Canal est un ouvrage colossal. Il a été inauguré en 1914.
Les travaux ont commencé en 1882 sous la direction de Ferdinand de Lesseps encore auréolé de son succès avec Suez. Sa première idée fut de construire un canal à flot (comme celui de Suez) entre les deux océans. Mais l’entreprise était titanesque et les ouvriers mouraient par milliers de la fièvre jaune et de la malaria.
Réalisant les difficultés insurmontables du projet, De Lesseps en présenta un nouveau avec écluses et fit appel à Gustave Eiffel. Mais trop d’argent avait déjà été englouti dans l’affaire et les financiers refusèrent de suivre. En 1889, la mise en liquidation provoqua le plus grand scandale politique et financier de la IIIe République. Des dizaines de milliers de petits épargnants furent ruinés.

En 1903, Panama qui dépendait de la Colombie proclama son indépendance et les Etats-Unis en profitèrent pour reprendre les travaux dès 1904. Un barrage de terre fut construit sur le Rio Chagres (côté atlantique). Le Lac de Gatun ainsi créé restera longtemps le plus grand lac artificiel au monde. Il est à 26 m d’altitude. Trois écluses de chaque côté permettent d’y monter et d’en descendre.

Il fait nuit maintenant. Le pilote nous fait soutenir une bonne allure pour arriver à l’heure aux écluses de Gatun. Le moteur tient bravement ses huit nœuds et nous laissons derrière nous la baie de Colon pour entrer dans le canal.

Il y a trois écluses à la suite les unes des autres. Avant d’entrer dans la première nous nous mettons à couple de NAOS, un immense voilier de 30m. Nous allons franchir cette première partie avec eux juste derrière un énorme cargo. Comme nous sommes le « petit », c’est Naos qui sera en charge des manoeuvres et il nous faudra exécuter les ordres de leur pilote.

Nous franchissons la première porte. Les quais sont très hauts au-dessus de nos têtes. Quatre employés de l’ACP nous lancent des toulines. Une touline est une ligne légère munie d’une boule assez lourde à son extrémité ce qui permet de la lancer avec précision. Elles sifflent à nos oreilles et atterrissent sur le pont. Nous les attrapons et y attachons les aussières qui remontent sur les quais tirées par les hommes de l’ACP. Pro’s Per Aim et Naos sont maintenant bien amarrés. Les gigantesques portes se referment sur nous. Nous laissons l’Atlantique derrière cet impressionnant mur d’acier.

Le niveau de l’eau monte rapidement créant quelques remous le long des murs de béton qui nous encadrent. Au fur et à mesure il faut reprendre les aussières de façon à les garder tendues : les bateaux doivent rester au milieu de l’écluse.

Chacune d’elle fait 34 m de large sur 305 m de long. Certains cargos occupent tout l’espace disponible. De plus en plus de cargos sont construits « hors normes Panama ». Ils font 7800 milles supplémentaires pour contourner l’Amérique du Sud par le Horn. Un projet d’élargissement du Canal est à l’étude.

Le premier bassin est plein. Nous voici au niveau du second. Les lanceurs de toulines reprennent les aussières et, en les tenant, nous accompagnent à la deuxième écluse. Les portes se referment sur le cargo et nos deux voiliers, l’eau monte et nous arrivons au niveau du troisième et dernier bassin.

La dernière porte s’ouvre sur le lac artificiel de Gatun. Pro’s Per Aim se retrouve en eau douce. En moins d’une demi-heure nous sommes sur le lieu du mouillage. Une vedette vient reprendre le pilote et nous restons avec nos trois jeunes handliners pour la nuit.
Est-ce la bouteille de rouge que nous avons débouchée pour le dîner ? Luciano, Danilo et Nando sont bien énervés. Leurs téléphones sonnent, ils vont et viennent entre le carré et le cockpit. Vers minuit et demi, excédé, Guy leur demande d’éteindre leurs portables et de nous laisser dormir. Dans 5h le réveil va sonner !


Jeudi 17, 5h30

Nous prenons le petit déjeuner tous les deux. Les jeunes n’ont même pas été réveillés par les bruits de vaisselle. Seuls les cris des singes hurleurs troublent le silence de l’aube.

6h30- Nous sommes prêts et il faut tirer de leur sommeil les handliners car la vedette des pilotes est en vue. Cette fois ils sont deux à monter à bord. Nous détachons les amarres. Nous devons filer sept nœuds pour être à 11h à la première écluse descendante de Pedro Miguel.

La traversée du Lac de Gatun commence. Nous avons 38 km à faire entre les îlots. Il faut rester dans le chenal balisé : les arbres morts recouverts lors de la montée des eaux sont un danger pour la navigation. On en voit qui affleurent la surface.
Nous espérons apercevoir des crocodiles. Certains atteignent 6 m. Il fait chaud mais la baignade est formellement déconseillée. Ces charmants sacs à mains sur pattes sont trop nombreux.
Nous poursuivons notre route en croisant d’énormes cargos.

Tous les ans, 13000 à 14000 bateaux transitent par le Canal. 24h/24, 7j/7, les 7500 employés de l’ACP actionnent les écluses, guident les bateaux et participent au fonctionnement de cette gigantesque machinerie.

Une énorme tranchée s’ouvre devant nous à la sortie du lac. Il nous reste 13 km à faire avant les écluses. C’est Gaillard Cut.
Cette partie a été creusée dans la roche sous la direction du Colonel DuBose Gaillard. Ce fut un travail difficile. Plusieurs éboulements eurent lieu pendant la construction et, de nos jours encore, le terrain friable oblige à de continuels travaux de consolidation.
Gaillard Cut se termine sous le Pont du Centenaire qui a été inauguré il y a quatre ans environ.

11h- Nous sommes en vue de Pedro Miguel. Dominés par l’élégant pont, nous nous mettons à couple du catamaran SAPRISTI avec lequel nous franchirons cette dernière étape vers le Pacifique. NAOS, le voilier auquel nous étions attachés hier est seul devant. Nous suivons avec Sapristi et derrière nous, deux autres monocoques sont à couple.

Les portes se referment sur les cinq voiliers. Les lanceurs jettent les toulines et nous voici amarrés aux deux quais. Cette fois nous sommes à leur hauteur et le niveau de l’eau commence à baisser. Les handliners laissent filer les aussières.

Nous sortons sur le petit lac artificiel de Miraflores et nous téléphonons en France pour prévenir de notre passage imminent devant les webcams des écluses de Miraflores, les deux dernières avant le Pacifique. Les caméras sont reliées à Internet. On y voit les passages en direct.

Nous entrons dans Miraflores 1. Les lanceurs de toulines opèrent. Naos se retrouve à couple d’un gros bateau promenant des touristes. L’eau descend. La flottille se glisse dans Miraflores 2.
Je suis émue. Quand les portes s’ouvriront, ce sera sur un nouvel océan, le plus grand de la planète.

13h- Ca y est ! Nous y sommes ! On peut voir le Pont des Amériques au loin à Balboa du nom du conquistador qui découvrit le Pacifique en 1513 après avoir traversé l’isthme au travers de la jungle.

Une vedette vient reprendre les pilotes juste avant qu’un grain violent s’abatte sur nous, trempant tout et réduisant considérablement la visibilité. Est-ce un baptême pour notre arrivée de l’autre côté ?

Un peu plus loin nous débarquons nos trois handliners au Yacht Club de Balboa avec les pneus et les quatre aussières.

L’endroit est sinistre : beaucoup de bruit et des odeurs de gaz brûlés. Les vagues crées par le trafic incessant des navires font rouler les bateaux mouillés devant le Yacht Club. Nous nous éloignons vers l’océan pour jeter l’ancre à Flamenco, la dernière île avant le grand large.

Nous sommes fatigués. Il est préférable de dormir ici. Comme le va-et-vient incessant des bateaux continue à faire rouler Pro’s Per Aim, nous appareillerons demain matin pour l’île de Contadora dans l’archipel des Perlas en laissant derrière nous les tours de la ville de Panama.

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PRO’S PER AIM dans le Golfe de Panama
du 18 au 29 janvier 2009


Lundi 21 Janvier 2008 – Ile de Contadora dans l’archipel des Perlas

Nous sommes sur Contadora depuis trois jours. C’est une jolie petite île. Si jolie et si proche de la capitale panaméenne que la jet-set l’a envahie. Contadora est à taille humaine, suffisamment escarpée pour avoir du charme et pas trop pour s’y promener sans fatigue. Les jardins, les maisons, les routes sont propres, soignés et bien entretenus. Contadora fait penser à Moustique, l’île des milliardaires et du show-biz dans les Antilles.
Après l’agitation de la quinzaine précédente où nous préparions notre passage du Canal, ce petit paradis bien aseptisé est reposant.

Par manque de vent dans le Golfe de Panama, nous avons navigué au moteur entre le continent et l’archipel des Perlas. Nous allons donc profiter du ravitaillement possible en gasoil pour refaire le plein. La route vers les Marquises via les Galapagos est longue et c’est souvent « pétole ». Entendez par là que le vent est rarement au rendez-vous au cours de la première partie de la traversée entre Panama et les Galapagos. Il est donc prudent d’avoir le réservoir plein pour ne pas rester encalminés dans ce pot au noir.

Aujourd’hui la houle rentre dans le mouillage et les rouleaux s’abattent avec fracas sur la petite plage où nous nous sommes beachés avec l’annexe ces derniers jours. Pourtant nous n’avons pas le choix pour débarquer car il n’y a aucun ponton d’installé. Je ne suis pas tranquille à l’idée d’atterrir dans ces conditions et encore moins rassurée à la pensée d’en repartir. J’ai encore en tête le souvenir d’un départ périlleux depuis une plage de Barbuda dans les Antilles. Les vagues déferlaient et nous avions embarqué des dizaines de litres dans l’annexe en voulant passer cette masse d’eau écumante pour rejoindre le bateau.

Nous sommes à 20 m de la plage de Contadora. Guy attend une belle vague et en profite pour faire surfer l’annexe jusque sur le sable. Je descends sans encombre suivie rapidement du Capitaine. Il faut remonter le dinghy à l’abri sur le sable sec avant l’arrivée de la vague suivante. C’est vraiment très lourd mais nous devons le traîner sur plusieurs mètres car les marées, dans cette région sont aussi importantes que sur nos côtes françaises et la mer est montante.

Nous attachons le bidon vide sur le petit chariot et nous voilà partis vers le village où se trouve la pompe à gasoil. La route monte et descend passant le long de villas tantôt à l’ombre d’un bois d’eucalyptus, tantôt surplombant une petite crique où on entend l’océan agité rugir. Une petite demi-heure à l’aller, autant au retour avec le bidon plein et nous sommes de retour sur la plage.

La houle ne s’est pas calmée depuis tout à l’heure. Bien au contraire ! Comment allons nous faire passer à l’annexe l’endroit où les vagues déferlent. Elle est si lourde pour nous deux. Deux jeunes canadiens nous proposent leur aide. Prudents, ils ont laissé leur propre dinghy à 50 m du bord accroché avec un grappin et ils sont venus en nageant à terre. L’inconvénient c’est qu’ils sont mouillés. L’avantage c’est que leur annexe ne craint rien.

Malgré leur soutien, une énorme déferlante retourne l’annexe alors que je suis dedans et que Guy n’a pas encore eu le temps de grimper à bord. Je me retrouve coincée dessous, roulée sur le sable et incapable de sortir de là toute seule. Mes compagnons ne perdent de temps. Ils remettent le dinghy à l’endroit, je peux enfin sortir de ma prison et aspirer une bonne bolée d’air.

Le moteur a souffert. Il tournait quand il a bu le bouillon et ce n’est pas bon du tout pour ses circuits. En plus de l’eau de mer, il a avalé du sable. Une fois dégagés de la plage, Guy tente de redémarrer. Rien à faire ! Le moteur n’a pas aimé cette baignade forcée. Chris et Laura, les deux jeunes canadiens proposent de nous tirer avec leur annexe jusqu’à Pro’s Per Aim. Nous acceptons, à la rame ce serait un peu loin ! Pour les remercier nous les invitons à boire un verre en fin de soirée.
Mais où sont donc nos lunettes de soleil ? Au moment du retournement de l’annexe nous les avions sur le nez et elles ont pourtant le petit cordon qui évite de les perdre. Le choc avec la vague a été très violent puisque même Guy n’a plus les siennes. Chris et Laura me ramènent à terre dans l’espoir de les retrouver. Sagement leur dinghy reste au large et nous gagnons tous les trois la plage à la nage. Ensemble nous la parcourons en long et en large. Les lunettes ont disparu. Elles doivent être enfouies sous le sable quelque part non loin de nos pieds mais elles sont bel et bien perdues. Par précaution nous avions gardé nos vieilles paires au cas où. Bien nous en a prit ! Nous pourrons protéger nos yeux quand même.

Je retourne à bord. En attendant, Guy s’est attelé à la tâche. Il doit réussir à redémarrer le moteur le plus vite possible pour le sauver. C’est une partie technique qui m’échappe un peu : Guy nettoie les endroits où l’eau salée et le sable ont pénétré et pulvérise un spray à base d’éther dans le carburateur pour aider au redémarrage.
De mon côté, je rince et j’étends nos vêtements mouillés ainsi que le sac à dos. Heureusement que nous n’avions pas pris l’appareil photo !
Tout à coup, j’entends le moteur ronronner. Victoire ! Le Capitaine est un bon mécano, notre hors-bord est sauvé. Il est temps de nous doucher : c’est l’heure de l’apéro. Chris et Laura ne vont pas tarder.


Vendredi 25 Janvier 2008 - Ile Flamenco dans la baie de Panama

Depuis hier nous sommes de retour sur le continent. Le moteur de l’annexe est devenu très capricieux suite à son bain de mer involontaire. Guy ne veut pas partir vers la Polynésie dans ces conditions. Là-bas il sera difficile de trouver un moteur neuf qui serait de toutes façons hors de prix.

Nous sommes donc revenus sur nos pas ou plutôt sur notre sillage. Depuis le temps que Guy rêve d’un moteur fiable, c’est le moment ou jamais. Le hors-bord qui a pris l’eau était d’une marque de seconde zone. C’est tout ce que nous avions trouvé pour remplacer le Yamaha qui nous avait été volé sur la Côte d’Azur à St Raphaël au début de notre voyage et mon Capitaine n’en était pas content. Finalement cet incident a du bon car il nous contraint à remplacer un moteur qui fonctionnait encore mais dont nous n’étions pas satisfait. Sur un bateau, la confiance dans le matériel est indispensable à la sécurité.

A Panama, on trouve tout ce qu’on veut et pour pas cher. Guy est aux anges ! Enfin presque ! Il vient d’acquérir un YAM enduro 9.9 CV, exactement ce qu’il désirait sauf que c’est un deux temps. En France la vente des deux temps est maintenant interdite à cause des normes anti-pollution. Mais en Amérique Centrale la préservation de l’environnement n’est pas le souci principal. Tant pis ! On ne peut pas vivre à bord d’un bateau sans une annexe en bon état et un hors-bord fiable.

De retour au mouillage, poussés par notre YAM flambant neuf, nous avons le plaisir de voir des bateaux connus. Ils viennent de passer le Canal eux aussi. Ce sont les catamarans Zarpas, Nan Fong et Flam. Les retrouvailles surprises sont toujours très agréables. Manu, le skipper de Flam est intéressé par notre vieux moteur. Il est assez bon mécano pour lui redonner une seconde vie, il en a besoin et sa caisse de bord n’est pas assez garnie pour en acheter un neuf. Nous lui donnons de bon cœur notre hors-bord défaillant.

Rendez-vous ce soir sur Zarpas pour faire la fête. Le Champagne va couler pour célébrer le passage dans l’océan Pacifique de nos quatre bateaux.

Une seconde partie de notre voyage s’ouvre devant nous : le Pacifique Sud, ses innombrables îles et atolls, ses volcans assagis ou encore en activité, ses lagons aux eaux bleu turquoise et cristallines, les Marquises où vécurent Brel et Gauguin, les Tuamotu surnommé l’archipel dangereux tellement la navigation y est périlleuse, la mythique Bora Bora …
Nous allons passer une année entière en Polynésie Française. Un rêve se réalise !


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