Wallis
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C'est à Wallis que nous allons recevoir le meilleur accueil depuis notre départ de Vendée en janvier 2006. Ici, à Wallis, nous allons être reçus, accueillis, invités, comme ont pu le décrire Gerbault, Le Toumelin ou Moitessier au siècle dernier. Wallis restera gravé au fond de nos coeurs comme l'escale de l'amitié. Merci à vous Jeanne, Michel, Manu, Pablo, Sarah, Alix, Pascal et tous les habitants du village d'Halalo.

Mardi 12 mai 2009 - Les formalités de douanes effectuées, nous quittons les Tonga en route pour Wallis. Une jolie brise sur la hanche nous pousse à 7 noeuds et le 15 mai au petit jour nous sommes devant Wallis avec ... la zone de convergence.

Les grains se succèdent et nous n'y voyons pas à 100 m. Comme les cartes sont fausses en longitude, comme le radar n'a jamais marché, comme on n'est jamais certain que le balisage soit en état, comme on se méfie tout le temps … on tourne un petit quart d'heure avant d'oser s'approcher. La mer déferle sur le récif à une centaine de mètres devant Pro's Per Aim. Où est la passe ? On avance un peu et une balise apparaît, puis une deuxième. La passe doit être entre les deux. Ouf, on peut entrer !

Une heure plus tard on est mouillé à Gahi et Michel que nous avions à la VHF depuis le petit jour vient nous chercher pour nous faire faire les formalités.
Michel était prof de math. Il est passionné de radio et assure la veille radio à Wallis.

Mercredi 13 mai - A Gahi, le platier est trop étendu à marée basse pour débarquer en annexe. Nous nous déplaçons donc à Halalo, près de chez Michel, où les débarquements sont plus faciles.

En quelques jours, nous sommes pris par l'ambiance de Wallis. Jeanne et Manu nous prennent en amitié. On vient nous voir, nous sommes invités, nous faisons visiter le bateau ... L'accueil se révèle extraordinaire. Gai, bon enfant, sympathique.
Même sans lever le pouce, les voitures s'arrêtent et font un détour pour nous emmener où nous allons. Quelle gentillesse !

Petit à petit nous découvrons Uvea (l'île principale de Wallis) et ses étonnantes formations géologiques comme le cratère de Lalolalo, mais aussi l'incroyable investissement religieux des habitants.
Les missionnaires maristes ont été d'une redoutable efficacité en imposant le catholicisme et en interdisant la navigation pour éviter les contacts avec le reste de l'Océanie essentiellement sous l'influence des missionnaires protestants. Le résultat est une profusion de chapelles et d’églises et la peur quasi viscérale de la mer chez les autochtones.

Aujourd’hui, un groupe d’habitants essaie de faire revivre la traditionnelle pirogue à voile et de retrouver leur savoir marin ancestral. La tâche est rude dans la mesure où il n'y a pas d'écrits et que la tradition orale est pratiquement perdue. Dans le même esprit, d’autres restaurent les forts tongiens et recueillent les légendes et les contes wallisiens pour les écrire. Espérons qu’ils pourront sauver beaucoup de ce patrimoine culturel. 


L’ethnocide qui a ravagé les civilisations du Pacifique nous frappe encore plus à Wallis qu’en Polynésie ou aux Tonga. C’est peut-être l’île de Pâques qui a le mieux résisté. En fait, depuis les Cathares et la très Sainte Inquisition menée par le sinistre Torquemada, rien n’a changé sous le soleil et on retrouve caricaturé ici ce qui s’est passé en Europe il y a plusieurs siècles !

Chaque village, à l’occasion de la fête de son Saint Patron, renoue avec les rites traditionnels comme celui du kava et avec les danses anciennes.
Le Saint Patron d’Halalo, où nous sommes mouillés, est Jeanne d’Arc. Oui, vous savez, notre pucelle nationale ! Elle est ici bien loin de sa Lorraine natale et de la bonne ville de Chinon ! Le 30 mai, la fête est somptueuse et le village nous a invités à la messe et au repas commun. Pour nous honorer, ils nous offrent un cochon.

Le mois de mai est le mois de Marie. Les maristes ont donc persuadé les habitants qu’il fallait célébrer la Sainte Vierge en promenant sa statue dans toutes les églises et toutes les chapelles de l’île. Pendant un mois, les processions se succèdent et la statue de la Vierge Marie voyage ainsi dans toute l’île. Mais pas n’importe comment. La veille de son passage, les habitants plantent des rameaux tous les mètres des deux côtés des chemins que le cortège va emprunter. Quel travail ! Incroyable !

Wallis nous a également séduit par la variété de ses paysages. Les îlots qui entourent Uvea sont d'une grande beauté et le lagon n'a rien à envier à la magie de ceux de Polynésie. Quant à l'habitat traditionnel, il est encore très présent et les "fale" avec leurs toits en pandanus s'intègrent parfaitement dans l'environnement.

Nous sommes à Wallis depuis plus d'un mois et nous n'avons pas vu le temps passer. Nous voudrions gagner la Nouvelle Calédonie avant que les alizés ne se renforcent trop, c'est à dire avant juillet. Il nous faut songer à appareiller pour couvrir les 1200 nautiques qui nous séparent de Nouméa.
Wallis qui n'était qu'un nom d'île aux timbres célèbres est maintenant devenue pour nous synonyme d'amitié.

Au revoir Wallis.


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