
Les Fidji
Vendredi 12 juin, en
début d'après-midi, nous levons l'ancre en
direction de
l'archipel des Fidji que nous prévoyons d'aborder par le NE.
Nous ne devions pas nous arrêter aux Fidji cette
année.
C’était au programme de l’an prochain !
Mais comme
ces îles étaient sur notre route vers la Nouvelle
Calédonie et que nos amis de NAN FONG, PELAGOS et
AMARYLLIS s’y rendaient, nous avons
décidé de
les visiter avec eux.

Dès le premier soir, nous pêchons un gros thon
rouge qui
nous donnera plus d’une douzaine de kilos de belle viande. La
traversée est rapide, sans être parfaitement
confortable,
à cause de la houle croisée typique du Pacifique,
et nous
franchissons l’antiméridien le 15 juin
à minuit.
Maintenant, nous sommes en longitudes Est. Elles vont diminuer et
attention à ne pas nous tromper dans les semaines qui
viennent !
Comme régulièrement depuis notre
départ de
Polynésie, nous ralentissons Pro’s Per Aim dans la
nuit du
15 au 16 juin pour arriver de jour à Savusavu,
l’un des
deux ports d’entrée de la grande île de
Vanua Levu.
Le bateau à peine immobilisé, les officiels se
succèdent à bord pour nous faire remplir des
dizaines de
formulaires, prélever des taxes, ouvrir le frigo et
vérifier qu’on n’a pas de fruits, de
viande, de
légumes, d’œufs etc. à bord
et nous faire
compter même les bouteilles de bière ! Pas
question de
descendre à terre avant que tout ce beau monde
n’ait
visité notre bateau. Ce que nous ignorions c’est
que
c’était « bon enfant »
à
côté de ce qui allait nous attendre quelques
semaines plus
tard à Lautoka sur l’île de Viti Levu
où
malgré un permis de croisière acheté
en bons
dollars, la clearance directe pour le Yasawa Group nous a tout
d’abord été refusée
!
Il faut rappeler que les Fidji ne sont plus une démocratie.
Un gouvernement militaire a pris le pouvoir.
Le fait que les indiens soient devenus majoritaires (plus de 55% de la
population) a généré des tensions avec
les
autochtones mélanésiens, tensions qui ont abouti
à
cette situation politique. Le résultat pour nous autres
navigateurs, c’est un flicage énorme. Tous nos
mouvements
doivent être autorisés,
vérifiés et
contrôlés. Il faut obtenir un permis de
croisière,
ensuite réussir à négocier une
« clearance
» avec les douanes pour un parcours sur une durée
déterminée. Et tout ça à
chaque grande
île.
Bon ! Après le passage à bord des officiels de la
santé (exemple de question posée : y a-t-il eu un
ou
plusieurs morts à bord durant la traversée ?), de
l’agriculture, de l’immigration et des douanes,
nous sommes
autorisés à aller à terre pour
…. demander
le fameux « permis de croisière » ! Et
oui, il ne
faut pas se priver de faire très compliqué quand
ça pourrait être simple !
Toutes ces petites tracasseries terminées, c’est
avec le
sourire que nous pouvons (enfin !) visiter Savusavu. Mais quelques
heures après notre arrivée, un énorme
paquebot
déverse son flot de touristes anglo-saxons.
Les autorités
parquent les 1700 nouveaux débarqués
derrière des
bornes en plastique orange où des locaux leur vendent des
souvenirs made in China. Bien disciplinés, ils respectent
parfaitement leur balisage en laissant libre le reste de la rue que les
locaux et les rares voyageurs comme nous ne se privent pas
d’utiliser.

Nous décidons de parcourir Vanua
Levu en bus et d’aller
vers les Fidji authentiques. Un parcours de 6 heures nous fait
découvrir des paysages grandioses, des gens d’une
très grande gentillesse et des villages
malheureusement
d’une pauvreté émouvante.
Les marchés sont très colorés
et les indiennes en
sari côtoient les mélanésiens aux
traits plus
rudes. L'influence indienne se fait
sentir partout. Et pourtant les mélanésiens
continuent de se déplacer avec leurs traditionnels radeaux
de bambou appelés bilibili.
Depuis les Tonga, notre dessalinisateur est en panne. Donc,
pas
d’eau douce à bord si ce n’est celle du
ciel. Nous
nous étions faits une raison et attendions
d’être en
Nouvelle Zélande pour pouvoir le faire
sérieusement
réparer. Et là, bonne nouvelle ! Sur Viti Levu,
à
moins de 200 milles, un néo-zélandais
spécialiste
des dessalinisateurs s’est installé et il peut
nous
dépanner.
Nous appareillons donc pour Denarau. En moins de 24 heures, la panne
est identifiée, les pièces commandées
en Australie
et mises dans l’avion. Trois jours plus tard, tout est
réparé et nous profitons de cette escale
forcée en
marina pour faire le grand nettoyage de Pro’s Per Aim. Mais
une
mauvaise surprise nous attend. La note est salée : 969 euros
!
Et ce ne sont pas les 7 heures de main d'œuvre de Peter qui
coûtent ce prix là, ce sont les pièces
détachées vendues par HRO, le fabricant de notre
dessalinisateur.
Depuis le début
nous
n’avons eu que des déboires avec ce
coûteux
matériel (8000 euros quand même) vivement
recommandé et installé par Alubat : le
dessalinisateur
HRO Seafari 400.
Début
2006,
après quelques centaines de litres de production, ce
dessalinisateur a cessé de fonctionner. Lors de la
réparation, nous nous sommes aperçus que la pompe
alimentaire basse pression était montée
à
l’envers aux niveaux électrique et
mécanique ...
Dès la livraison, son bruit était très
élevé et le débit était
inférieur
aux normes et, malgré nos demandes conjointes (ALUBAT et
nous),
l’importateur HRO France ne s’est pas
déplacé
pour la mise en service et le contrôle de ce
matériel
manifestement défaillant.
Notons également que la documentation fournie
n'était pas
écrite en français. De plus, celle fournie en
anglais
était obsolète et décrivait un
modèle de
pompe alimentaire qui n'était plus installé.
Quand
à la notice technique de la nouvelle, elle ne nous a jamais
été fournie ...
En septembre
2006, c'est
ALUBAT qui remet en état le dessalinisateur et qui change
sous
garantie la pompe basse pression qui venait de lâcher.
En mai 2007,
le débit de
notre dessalinisateur chute à nouveau. Mal
réparé,
des prises d'air perturbent son fonctionnement. Remise en
état
aux Antilles. Nous en sommes quittes pour 80 € qu'Alubat ne
nous a
toujours pas remboursés contrairement aux accords
passés.
En août 2007,
la pompe
basse pression changée sous garantie en septembre 2006 nous
lâche à nouveau. Manifestement le
modèle
installé n’était pas du tout
adapté au
dessalinisateur HRO Seafari 400 (vendu quand même 8000 euros
!).
Nous prenons directement contact avec HRO USA (le fabricant) et
là, merveille, il reconnaît qu’il faut
une pompe
plus puissante et envoie un technicien depuis Caracas pour nous
remplacer gratuitement la pompe défectueuse par un
modèle
à 3 pistons mieux adapté.
En avril 2009,
c'est
l'amplificateur de pression qui rend l'âme après
seulement
519 heures de fonctionnement. Il nous en coûte donc 969 euros
de
réparation ! La durée de vie normale de cet
amplificateur
est seulement de l’ordre de 1000 heures, mais notre HRO
Seafari
400 N°1507911 n’a tourné que 519 heures. !
Ce qui fait
cher le litre d’eau produit !
D’après
le réparateur
c’est le manque de débit dû au montage
inversé de la pompe lors de l’installation qui a
entraîné une usure
prématurée de
l’amplificateur. Débit également
inférieur
aux normes (environ 7 L/min) dans les mois qui ont suivi cette
première réparation (pompe endommagée).
D'après
HRO France
ce serait l'utilisation dans les eaux tropicales qui aurait
abîmé l'amplificateur à cause des
poussières
de corail ! Ce qui voudrait dire que la filtration à 5
microns
ne serait pas efficace et que surtout leur matériel ne
serait
pas adapté à une utilisation aux
Caraïbes ou en
Polynésie !!! Donc avis aux amateurs : ne pas acheter HRO si
vous faites un tour du monde car, dixit HRO France, ce
matériel
n'est pas fait pour une utilisation en eaux tropicales !
Nous avons
écrit au fabricant HRO aux USA et à Alubat
qui nous a conseillé et installé de travers ce
coûteux matériel de 8000 euros. Nous estimons que
le
minimum serait de nous dédommager de tous nos frais. Un
geste
commercial supplémentaire de la part d’HRO qui a
refusé de se déplacer pour la mise en service de
ce
matériel de 8000 euros nous semble normal. Un kit gratuit de
joints et clapets, par exemple, montrerait leur bonne foi et
compenserait les difficultés que nous avons eues pour nous
procurer de l’eau douce potable depuis 3 mois dans cette
partie
reculée du Pacifique.
Nous vous tiendrons informé de la suite qu'Alubat et HRO
donnerons à tout ça.
Dans quelques jours nous appareillerons vers le SW, vers la Nouvelle
Calédonie, avec peut-être une escale à
Tanna aux
Vanuatu. pour parer à toute
éventualité et pouvoir
"faire coutume" avec les Chefs de villages, nous achetons du Kava
au marché.