
Les Petites Antilles
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galeries photos et les pages correspondantes
Partis le 8 novembre
de Lanzarote aux Canaries, nous arrivons le 30 au Marin en
Martinique,
après une traversée de 2931 miles.

La Martinique du
30 novembre au 23 décembre 2006
Après trois semaines de grand large, nous avons besoin de
repos. Nous restons dans la baie du Marin et dans celle,
toute proche, de Ste Anne pendant une douzaine de jours. Plages de
sable blanc, cocotiers, chaleur du soleil et de l’accueil :
un
cocktail fort agréable.
Isabelle retrouve son cousin Etienne, compagnon charpentier,
installé là depuis plus de 10 ans.
Nous passons chez lui, au centre de l’île,
un super
week-end et faisons connaissance de sa femme Sylvie et de ses enfants,
Cécile et Cédric. Nous repasserons les voir au
printemps.
C’est à partir du mouillage dans la Grande Anse
d’Arlet sur la côte ouest que nous louons
une
voiture pour visiter l’Habitation Clément. Ce
terme
d’Habitation désigne l’ensemble des
terres et des
bâtiments qui formaient un domaine d’exploitation
agricole.
L’Habitation Clément est une distillerie. La
maison de
maître est intacte et superbement meublée. Tout un
musée retrace l’histoire de la fabrication du
rhum. Les
martiniquais sont fiers de leur rhum blanc (AOC depuis 1996) et
s’offusquent quand on le confond au rhum industriel qui
n’est qu’un sous-produit de la canne à
sucre obtenu
à partir de la mélasse.
Les embouteillages sur les routes martiniquaises sont
tellement
monstres que nous avons failli faire demi-tour et rendre au loueur sa
twingo jaune pourrie. Finalement nous allons quand même
jusqu’au bout de la presqu’île de la
Caravelle où il reste quelques ruines d’une
gigantesque
habitation sucrière : le Château Dubuc. Toutes ces
grandes
exploitations se sont effondrées avec l’abolition
définitive de l’esclavage en 1848 suite
à un
décret préparé par Victor
Schœlcher.
Notre dernier mouillage fut devant St Pierre, la ville qui subit en
1902 la terrible éruption de la Montagne Pelée.
Très peu de vestiges : tout a été
détruit
par la nuée ardente. Ce cataclysme fit 30 000 morts. La
ville
qui était la capitale économique de la Martinique
renaît doucement de ses cendres mais a perdu son importance
d’antan.
Les
Saintes
du 23 décembre 2006 au 1er janvier 2007
Pour arriver de jour dans l’archipel des Saintes
nous quittons le mouillage de St Pierre au nord de la
Martinique
vers
une heure du matin. La mer, dans le canal de la Dominique, est
très agitée et la houle nous prend de travers.
Nous
sommes d’autant plus secoués que les
grains avec leurs rafales se succédent nous trempant des
pieds
à la tête.

Tout se calme quand nous longeons la
Dominique, bien à l’abri derrière ses
hautes
montagnes couvertes de forêt tropicale. Il nous faut
même
faire du moteur faute de vent. Et re-belote dès que
nous entrons dans le canal des Saintes : les alizés
et une
méchante houle que rien n’arrête depuis
l’Afrique nous malmene
à
nouveau pour quelques heures.
C’est donc aux Saintes que nous passons les
fêtes de fin d’année. Pas de sapins mais
des cactus
décorés et comme chez nous des
lumières qui
clignotent sur les maisons et des pères Noël qui
grimpent aux balcons. Des petites cases très
colorées
et des scooters pour se déplacer. La rade des Saintes
étant une des plus belles au monde, la destination est
prisée et plusieurs dizaines de bateaux y sont au
mouillage.
A l’îlet Cabrit, inhabité,
nous faisons
connaissance
de Didier et Nicole sur leur voilier Eburnéa. Il est prof
à Pointe-à-Pître et elle architecte.
Nous passons plusieurs soirées animées
ensemble.
Nous
apprendrons plus tard que nous avons loupé Pascal et
Delphine
qui étaient au mouillage à
côté de nous.
Au Fort Napoléon, qui domine l’archipel :
photos ! Isabelle y voit ses premiers iguanes se prélasser
au
soleil sur les remparts. Et puis le musée retrace
l’histoire mouvementée des lieux : encore des
histoires
avec les Anglais !
Marie-Galante
du 1er au 6 janvier 2007
Marie-Galante, comme les Saintes, fait partie du département
de
la Guadeloupe. Et c’est à l’est : il
nous faut donc
remonter les alizés contre la mer et le vent, le tout au
moteur. Pro’s Per Aim tape sur les vagues et affronte
courageusement une mer courte et hachée contre un vent
debout
soufflant à 20 nœuds de moyenne. Heureusement cela
ne dure que cinq heures pour arriver à St Louis
sur la côte ouest de Marie-Galante. On se console
en se disant que le retour se fera à la voile au portant.

Marie-Galante était surnommée
l’île aux 100
moulins. Ils servaient au broyage de la canne à sucre,
principale ressource de l’île encore
aujourd’hui.
Marcel, un marie-galantais « spécialiste de la
visite de
l’île » nous emmène
chez le Père
Labat, rhumerie réputée des Antilles, puis dans
une
fabrique de sirop de batterie qui sert à
l’élaboration du fameux Ti’Punch ;
génial et
mille fois meilleur qu’avec le sirop de canne. Le tour a
continué pour finir chez Marcel avec une nouvelle
dégustation de Ti’Punch. Hic ! Nous en sommes
repartis
avec des légumes et des fruits de son jardin.
Sur le marché de St Louis, nous apprenons comment
faire du
sirop de groseille avec des groseilles-pays. Rien à voir
avec
les petites baies de nos jardins. On fait une décoction avec
les
feuilles et on jette le fruit. On obtient un jus très rouge
qu’on fait réduire avec du sucre. Exquis !
Nous faisons
d’autres expériences culinaires avec les poissons,
les
fruits et les légumes locaux. On trouve toujours
quelqu’un pour nous expliquer comment les cuisiner et nous
nous
régalons.
La
Guadeloupe du 6
au 21 janvier 2007
Souvenir très mitigé de cette première
escale sur
le « papillon » ! Nous y allions pour en finir avec
les
dernières réparations sous garantie chez
l’agent
ALUBAT de Pointe-à-Pitre. Cela devait durer quatre ou cinq
jours. En fait nous avons été coincés
dix jours
dans cette marina sans intérêt et sans pouvoir
s’éloigner du bateau où nous attendions
toujours un
technicien ou un artisan. L’ambiance
n’était pas
excellente sur le ponton des loueurs où nous
étions
amarrés. Beaucoup d’agitation et
d’énervement
!
Les OVNI sont d’excellents bateaux de grand voyage. Toutes
nos avaries
sont dues
à des mauvais montages d'équipements.
Des moments sympas ? Oui ! Quand même !
Ce furent des rencontres :
Bernard et Brigitte qui faisaient l’acquisition
d’un cata
d’occasion et que nous retrouverons à St Martin.
Ils
connaissent bien les Antilles où ils naviguent depuis
plusieurs
années.
Stéphane, le chef d’atelier
d’Antilles-Sail.com qui
a travaillé avec beaucoup de sérieux,
d’ingéniosité et de gentillesse pour
remettre
Pro’s Per Aim d’aplomb.

Ce furent aussi des retrouvailles :
Corinne, une cousine germaine que Guy n’avait pas revu depuis
une
trentaine d’années et son mari Lionel.
Didier et Nicole, rencontrés aux Saintes et pour lesquels
Isabelle a essayé la recette du blaff de poissons antillais
:
immangeable … c'était trop salé !
Didier nous a
emmené dans le centre de Pointe-à-Pitre pour nous
montrer
où nous pouvions acheter du madras. La ville est moche,
limite
bidonville pour ses faubourgs.
Pascal et Delphine qui ont quitté la Touraine il y a huit
ans
pour reprendre un cabinet de kinés sur Grande-Terre et
qu'Isabelle
n’avait pas revus depuis leur départ de
métropole.
Coïncidence ! Ils attendent que leurs filles soient grandes
pour
démarrer leur tour du monde en voilier. Nous avions plein de
choses à échanger. Pascal est allé aux
San
Blas et Delphine aux Galapagos. Ils sont enthousiastes l’un
comme
l’autre sur leur traversée et leur
séjour sur place.
Et puis des coups de fils passés depuis la zone WIFI
d’un
café de la marina. Nous avons eu parents et enfants
longuement.
Cela fait chaud au cœur. Nous en avons profité
pour
organiser notre retour en France au printemps pour une quinzaine de
jours. Nous ramènerons le bateau à
Pointe-à-Pitre
où nous prendrons l’avion pour Paris.
Antigua du 21 au 29
janvier 2007
Le jeudi 18 dans la matinée nous
pouvons enfin
larguer les amarres et sortir de la marina. Pour aller à
Antigua, nous pouvons passer par la rivière salée
(entre
Grande-Terre et Basse-Terre) mais il faut être à
cinq
heures du matin devant le pont ouvrant car c’est le seul
moment
où il laisse passer les bateaux. Du coup nous
préférons contourner Basse-Terre.
Une première nuit dans l’Anse des
Trois Tortues (jolie comme tout) et deux autres à Deshaies
où il faut attendre pour faire notre clearence. Ce papier
jaune précise notre date et lieu de sortie et il faut le
présenter à l’arrivée sur
une nouvelle
île.

Nous faisons donc fait notre entrée à English
Harbour au
sud d’Antigua. Cette fois c’est sérieux
! Dans cette
petite république indépendante depuis 1981, nos
passeports reçoivent leur premier coup de tampon
sur la page
« visa ».
Antigua vit du tourisme de luxe. Nous sommes mouillés
dans la baie de Falmouth Harbour devant la marina. Les yachts que nous
y voyons sont impressionnants qu’ils soient à
voile ou
à moteur. Au nord de l’île, à
la fin de notre
séjour, nous avons même croisé un
bateau de
milliardaire ayant son hélicoptère à
turbine
à bord. Comme on peut l’imaginer, s’ils
sont
là avec leurs bateaux magnifiques, c’est que cela
vaut le
coup. Derrière les barrières de corail, des
lagons aux
eaux bleu turquoise et au sable blanc nous donnent un
avant-goût
de la Polynésie et de ses atolls.
La navigation entre les récifs coralliens fait monter le
taux
d’adrénaline mais une fois l’ancre bien
accrochée au fond, quel plaisir pour les yeux ! Le bonheur
est
aussi sous l’eau, à nager avec les poissons entre
les
patates de corail. Notre mouillage
préféré fut
celui de Non Such Bay à l’est, près de
Green Island.
Nous retrouvons Madjid, Angèle et leur fille
Héloïse à Mosquito Bay. Isabelle
reconnait leur cata
« L’oiseau Lyre » qui était
notre voisin aux
Saintes et nous avons juste le temps de se faire un petit
coucou
avant qu’ils ne lèvent l’ancre.
Un contretemps dans ce paradis : au mouillage devant Jolly Harbour,
Guy, en faisant ses vérifications de routine, a
constaté
qu’il y avait une fuite d’eau de mer au niveau du
moteur.
L’eau salée avait coulé sur le bloc
moteur en
passant par l’alternateur. Rien n’avait encore
grillé
mais il fallait réparer rapidement. Et là, gros
coup de
bol ! Le seul agent Volvo d’Antigua est justement
installé
dans la marina de Jolly Harbour. Nous sommes allés nous
amarrer
sur son quai. En deux heures ce fut fait et bien fait.
C’était, là encore, un
défaut de montage. Un
tuyau n’était pas adapté à
la pièce
sur laquelle il était fixé. Serré au
maximum par le constructeur
pour éviter les fuites, il s’était
plié et
au bout dequelques mois avait déformé la
pièce plastique. Cela avait tenu
un an mais la fuite, à terme, était
inévitable.
Nous commençons à nous demander si cette longue
liste
d’avaries
va avoir une fin.
Barbuda du 29 au 31
janvier 2007
Barbuda fait partie de la république
d’Antigua
et en est le parent pauvre. Si Antigua est surnommée
l’île aux 365 plages, on peut dire de Barbuda
qu’elle
n’a qu’une seule plage ! Barbuda est si plate
qu’on
ne la voit qu’à quelques milles de la terre
qu’il
faut arriver de jour avec le soleil dans le dos de façon
à pouvoir repérer les patates de corail non
cartographiées.

En se rapprochant on voit une plage de sable blanc à perte
de
vue surmontée de quelques buissons de palétuviers
et de
rares cocotiers. Nous passons la première nuit
à Coco Point. La mer est un peu houleuse et des petits
rouleaux se brisent sur la plage. Nous pouvons débarquer
avec
l’annexe mais quand il faut repartir après une
balade
de l’autre côté de la pointe, les ennuis
commencent. Nous ne pouvons pas mettre le moteur en route
entre deux rouleaux et nous nous retrouvons
trempés, l’annexe pleine d’eau, le sac
contenant
l’appareil photo arrosé ... Une seconde tentative
après avoir vidé l’annexe n’a
pas davantage de succès ... Heureusement, des anglais
nous
proposent leur aide et rentrent dans l’eau
jusqu’à la poitrine pour nous pousser
au-delà de la
limite où les vagues se brisent. L’appareil photo
n’a pas souffert. La prochaine fois on prendra le sac
étanche.
Ensuite nous allons à Low Bay. A cet endroit, une
quarantaine de mètres de sable sépare la mer du
lagon
intérieur. Pour aller à Codrington, le seul
village de
l’île, il faut passer l’annexe par-dessus
ce cordon
sableux puis traverser le lagon sur 3-4 kilomètres. Comme
elle
est trop lourde pour nous deux, nous ôtons le moteur
et
faisons deux voyages.
Codrington est une petite ville pauvre. Seules quelques rues sont
goudronnées. Les poules et les coq se promènent
en
liberté. Nous nous régalons
d’une
langouste grillée, une des rares ressources de
l’île avant faire un
tour au nord de la lagune pour voir des frégates, ces grands
oiseaux des mers tropicales. Les mâles sont
impressionnants avec leur poche rouge
démesurément
gonflée sous leur bec, saison des amours oblige ! Ils font
même des percussions en frappant ce gros ballon
écarlate
avec leur bec.
Pour partir et parer les récifs de jour, nous levons
l’ancre le 31 janvier en début
d’après-midi
et nous remouillons quelques milles plus loin, au large. Il
faut
en
effet une douzaine d’heures pour rallier St Barth,
l’escale
suivante. Nous partons dans la nuit de notre mouillage au
milieu
de nulle part.
Saint
Martin du 2 au 28 février 2007
A près une escale de 24 heures à Saint
Barthélémy qui nous déçoit,
nous
décidons de rallier tout de suite Saint Martin. Il
n’était pas prévu de passer tant de
temps sur
cette île franco-hollandaise. Mais le séjour fut
si
varié et si agréable que les quatre semaines se
sont
passées sans que nous nous en apercevions.

Dès notre arrivée en baie de Marigot, la capitale
du
côté français, nous cherchons
un
chantier pour caréner le bateau. La première
semaine est occupée à son entretien. Le chantier
POLYPAT assure un carénage soigné et
très
professionnel. Pro’s Per Aim avait bien besoin de ce
nettoyage de
coque ! Nous faisons faire des protège-capots par une
sellerie
marine. Les UV sont si destructeurs sous les tropiques que le plexiglas
des capots finit par se fendiller si on ne les protège pas.
Et Isabelle retrouve Anne, une amie prof de maths en poste
à St Martin depuis septembre 2006. Dès la fin des
travaux, nous allons mouiller à l’Anse
Marcel, là où elle habite. Elle
nous présente ses amis, et nous fait
découvrir son
île. Que de plaisir à la pensée de tous
ces moments
passés ensemble !
Vincent nous emmène à son club de
plongée,
le Sea Horse Diving, et nous faisons notre baptême
avec
Jean-Jacques le vendredi 9 février. Des centaines de
poissons
colorés nageaient autour de nous, l’eau est
claire et chaude : un vrai bonheur et une grosse envie de recommencer.
Nous allons donc passer notre niveau I.
Il nous faut encore quatre plongées avec des
cours théoriques
et des exercices pratiques sous l’eau, comme «
lâcher
son détendeur et le récupérer
» et «
ôter son masque, le remettre et le vider de son eau
» pour obtenir notre diplôme.
Autant lâcher le détendeur
ne gênait pas Isabelle,
autant il lui a fallu plusieurs faire plusieurs essais avant de
réussir le vidage de
masque sans se gober !
Nous faisons une sixième
plongée la veille de partir. C’est incroyable
à
quel point nous nous sentons déjà beaucoup plus
à
l’aise. Au cours de nos différentes sorties
sous-marines,
nous avons vu des langoustes, des lambis, des murènes, une
raie
pastenague, un poisson-pierre, pleins de poissons tropicaux aux
couleurs magnifiques et surtout … un requin nourrice. Il
avait
beau dormir du sommeil du juste sous son rocher, le palpitant
d'Isabelle
s’est mis à battre trop vite et elle a
consommé
en un rien de temps l’oxygène qui restait dans sa
bouteille. Elle a terminé la plongée
accrochée
à Alain, le moniteur, qui lui avait passé son
second
détendeur. Il paraît que ce sont des
bêtes mignonnes
comme tout ! Nous, nous voulons bien mais il faisait quand
même plus de
deux mètres et nous l'avons trouvé impressionnant.
Vincent et Anne nous parlent de
l’îlet
Tintamare au nord de St Martin. C’est un endroit encore
sauvage.
Du coup nous leur proposons une mini croisière
pendant le week-end du 10-11 février.
Partis le samedi matin, nous arrivons pour
déjeuner devant la plage.
Anne nous montre ensuite comment utiliser l’argile
blanche récupérée dans le bush
derrière la
plage pour se faire des applications sur le corps. Gommage
génial, soins dignes des grands établissements de
thalassothérapie !
Le lendemain, plutôt que de rester devant
l’îlet, ils
ont envie de faire de la voile. Nous partons donc vers
Anguilla dont nous longeons la côte avant de rentrer
en
début d’après-midi sur St Martin.
C’est la première fois que nous faisons de la
voile pour faire de la voile et pas pour aller quelque part et c'est
très agréable.
Ils barrent du début à la fin comme des
pros et
Vincent monte en haut du mât en pleine mer
à la
fois pour la sensation et pour faire des photos.
C’est
aussi la période du carnaval et des mardis de Grande-Case
où nous écoutons de la musique dans la
rue,
regardons passer les fanfares et mangeons dans des lolos ou au
Calmos Café, les pieds dans l’eau.
Le lundi 26 nous avions prévu de faire des
courses avec
Anne et de se procurer un appareil photo avec boîtier
étanche pour garder des souvenirs de nos
plongées.
Pas de chance ! Des grévistes bloquent les routes et nous ne
pouvons pas sortir de l’Anse Marcel en voiture. Pas
grave ! Pro’s Per Aim nous emmene à
Marigot
où nous trouvons notre bonheur. Anne est
ravie de cette nouvelle croisière. Le retour se fait
à la tombée de la nuit.
De notre séjour à St Martin, nous gardons de
supers
souvenirs : le charme de l’île et de ses plages, la
découverte du milieu sous-marin et du plaisir de
la
plongée et la chaleur de l’accueil
d’Anne et de ses
amis. Nous sommes tristes de nous quitter mais il est
temps de reprendre la mer.
La
Guadeloupe du 01
au 14 mars 2007
Il nous faut 26 heures pour redescendre en Guadeloupe au
près
serré et même avec un peu de moteur pour
réussir
à faire route avec un vent quasi de face.
Nous
passons de nuit le long de Montserrat où le volcan
est en activité. De longues coulées de lave
incandescentes dévalent les pentes. Certaines vont
jusqu’à la mer. Nous sommes à 2-3
milles de
la côte. Par moment des vagues énormes
soulèvent le
bateau faisant penser à des secousses sismiques
liées aux
éruptions. C'est un spectacle extraordinaire et
très
impressionnant.
Nous profitons de ces quinze jours en Guadeloupe pour replonger
plusieurs
fois sur des sites différents et en particulier dans la
réserve Cousteau à l’ouest de
Grande-Terre. Les
massifs coralliens de Guadeloupe sont beaucoup plus colorés
qu’à St Martin. Ceux de la réserve
Cousteau sont
magnifiques et très peuplés. Nous nous sentons de
plus en
plus à l’aise sous l’eau.
Pour
être à l’abri d’une
méchante houle qui
faisait rouler Pro’s Per Aim sur la côte ouest de
Basse-Terre, nous retournons aux Saintes nous installer
à l’Ilet Cabrit comme à Noël.
C’est
là que François et Jacqueline nous rejoignent.
Ils
étaient venus passer une dizaine de jours en Guadeloupe en
famille et ont pris le ferry pour passer deux jours à notre
bord. De bons moments : baignade, snorkeling, chasse sous-marine,
balade sur Terre-de-Haut, Ti’Punch et farniente.
Avec une voiture de location nous faisons la Route de la
Traversée. Comme son nom l’indique, elle traverse
Basse-Terre d’est en ouest au milieu de la forêt
tropicale
: très humide, luxuriante, grandiose. Des arbres
géants,
ne pouvant faire pénétrer profondément
leurs
racines, ont besoin de contreforts spectaculaires pour se maintenir
debout.
En rallongeant la chaîne un jour où le vent
soufflait un
peu fort, les yeux de Guy tombent sur un maillon qui
n’avait jamais été soudé.
Situé pile
au milieu de nos 70m, il aurait pu lâcher, laissant
l’ancre
au fond et nous faire perdre le bateau. Heureusement il a toujours
tenu. Mais nous sommes contraints de racheter un
mouillage ... Encore une avarie ...
C'est après un aller-retour en France fin mars que nous
quittons la Guadeloupe le 5 avril pour la Martinique.
La
Martinique du 6 avril au 22 mai 2007
Après une vingtaine d'heures de mer,
nous atterrissons
à St Pierre dans le nord de la Martinique, au pied de la
Montagne Pelée où nous prenons contact avec le
club Papa
D'Lo qui nous avait été recommandé par
Vincent.
Après deux plongées,
nous décidons de passer
notre niveau II avec eux.
Jacky, le président du club, le propose en huit
plongées
plus des cours théoriques. Plusieurs sites magnifiques
à
St Pierre : les épaves coulées lors de
l'éruption
de la Montagne Pelée, les Canyons de Babody
(coulées de
laves recouvertes de corail et séparées par des
bandes de
sable), le rocher de la Perle... A l'issue de la formation nous serons
autonomes dans les 20m et nous pourrons plonger encadrés
jusqu'à 40-45m.
Il a fallu apprendre à remonter depuis 20m un plongeur
inconscient en utilisant la stab (gilet gonflable soutenant la
bouteille). Ce fut la partie la plus difficile. Nous avons fait
également deux plongées profondes à
45m sur
l'épave du Roraima et dans les Canyons de Babody. Nous
profitons
de la bonne ambiance pour acheter du matériel d'occasion
(stabs,
détendeurs...) en confiance. Désormais il ne nous
manque
plus que les bouteilles et ... le compresseur !
Chassés par une mauvaise houle nous descendons dans le
sud, au Marin et nous passons le dimanche 22 avril
chez
Béa (la cousine d'Isa), Marco et leurs quatre filles. Marco,
qui
est pêcheur, nous cuisine des tripes de poissons.
Délicieux ! Nous leur donnons nos vélos.
Ils sont
trop grands et trop lourds et nous ne réussissons pas
à
les utiliser. Nous sommes retournés chez eux
début mai.
L'accueil est toujours aussi chaleureux. Cette fois Marco avait
pêché des thons dont il avait gardé les
coeurs et
les foies. Exquis en fricassée !
C'est le mercredi 25 avril que nous allons chercher
Hélène (la fille de Guy), Yann et leur fille
Metig
à l'aéroport de Fort-de-France. Avec eux nous
faisons une croisière le long des côtes
ouest de la
Martinique. Ils découvrent le grand mouillage de
Ste Anne,
les Anses d'Arlet, l'Anse Noire si petite et très
encaissée et juste à côté
l'Anse Dufour avec
son sable aussi blond que celui de l'anse voisine et noir.
Nous avons ensuite passé du temps à St Pierre.
Ils ont
beaucoup aimé le nord de l'île avec sa
forêt
tropicale sur les pentes des volcans de la Montagne Pelée et
des
Pitons du Carbet. Hélène fait son
baptême et Yann,
qui avait eu son niveau I il y a une douzaine
d'année,
plonge de nouveau.
Une fois encore la houle nous a contraints à quitter le
mouillage de St Pierre et nous retournons à Ste
Anne et au
Marin pour la fin du séjour des enfants. Après
une
dernière balade à la grande plage des Salines et
dans la
Savane des Pétrifications, ils reprennent l'avion le
mercredi 9
mai.
Il est temps de ranger le bateau, de faire des lessives chez
Béa et de nous préparer au départ vers
Ste Lucie
l'île indépendante au sud de la Martinique.
Ste Lucie
du 22 au 28 mai 2006
Que six jours ? Eh oui ! La grosse déception !
Bon, on nous avait pourtant bien prévenu que Ste
Lucie était « un piège à
touriste
» avec peu de mouillages possibles, et aucun
tranquilles.
Bruyants, agités par les hordes de scooters des mers et
autres
hors bords, nous n’avons aimé ni les mouillages ni
la
mentalité de Ste Lucie, surtout après avoir
voyagé
dans d’autres îles-républiques
charmantes comme
Antigua et Barbuda. De plus, la politique locale met une
étiquette « pigeon à plumer »
sur le front de
chaque occidental qui arrive.
Des
chiffres ? Une journée de location de voiture (le moins cher
que
nous avons trouvé) à 96 US$ …
La
plongée à 60 US$ plus location du
matériel
… Pour bien vider le porte-monnaie
du touriste
plongeur qui a fait l'erreur de réserver un hôtel
pendant
ses quelques jours de congés annuels, il est interdit aux
étrangers de plonger sans un « guide local
»
… rémunéré bien
sûr par le plongeur ...
Par comparaison, en Martinique, nous avons
loué chez
« Madin Loc» une Clio pour 20€ et la
plongée
chez « Papa d’Lo » nous coutait
15€ …
Tout est prétexte à extorquer des sous
au touriste qui se fourvoie dans
cette toute petite république.
Dans la même veine, les égouts
à Castries (la
capitale) sont à ciel ouvert et se déversent
comme
ça dans la mer, mais pour nous plaisanciers, nous avons
l’interdiction de rejeter nos eaux usées
à moins de
500m du rivage …
En dehors de tout ça, nous avons été
outrés
d’apprendre que la chasse à la tortue est toujours
pratiquée dans les eaux de Ste Lucie et de voir –
en plein
jour – dans le port de pêche de Rodney-Bay, un
pêcheur partir tranquillement avec son fusil sous-marin et
… son matériel de plongée ! En France,
et à
peu près partout dans le monde, c’est tellement
interdit
de chasser avec bouteilles qu’on risque gros rien
qu’en
possédant fusil et matériel de plongée
sur le
même bateau. C’est pour cela que nous avons
donné
notre fusil de pêche à Marco et Béa
lorsque nous
avons fait l’acquisition de nos bouteilles !

Des côtés positifs ? Oui quand même !
C’est
Vincent un créole de Ste Lucie qui nous prend en
amitié
et qui nous explique l’histoire agitée de son
île.
C’est la balade en taxico pour aller à Castries.
C’est la réserve de l’islet Pigeon et
les
fortifications dans Rodney Bay
Ste Lucie est indépendante depuis 1979 dans le cadre du
Commonwealth. Français et Anglais se la sont
disputée
pendant deux cents ans et Rodney Bay porte le nom de l’amiral
qui
dirigea la garnison du fort situé au sommet de
l’Islet
Pigeon.
Nous avons mouillé trois jours à son pied et nous
y
sommes montés. Belle vue sur la baie et superbes flamboyants
en
fleurs.
Au retour, il ne nous faut que trois heures pour remonter les 24
milles du canal de Ste Lucie. Un ris dans la grand-voile et tout le
génois, au près bon plein tribord amure,
Pro’s Per
Aim s’éclate ! Donnez-moi encore du vent comme
ça et vous verrez tous les milles que je vous offrirai nous
murmure-t-il dans le creux de l’oreille …
Nous restons en Martinique trois jours, le temps de refaire
l'avitaillement, avant de
descendre dans les Grenadines, lieu bénit
où les
scooters des mers sont interdits ….
Les
Grenadines et Grenade en juin 2007
14h30, nous appareillons de St Anne et filons au 215°, droit
sur St
Vincent et Bequia, au largue babord amure tout dessus ... Pro's Per Aim
nous avait demandé du vent, et bien en voilà et
il file
sur les vagues souvent à près de 10 noeuds ...
Navigation
superbe, beaucoup de plaisir et au petit jour nous entrons dans
Admiralty Bay à Bequia.
Nous nous connaissons bien maintenant et notre ménage
à trois fonctionne. Nous prenons soin de Pro's Per
et il
veille sur nous. Beaucoup de complicité et d'affection nous
rapprochent.
Dans deux jours, il nous gardera en
sécurité pendant notre premier vrai "coup de
tabac". Un
avant-goût de ce qui peut arriver dans ces régions
maintenant que nous sommes entrés dans "la saison des
cyclones".
Nous étions au mouillage et notre grosse annexe avec son
hors-bord de 30 kg s'est envolée et retournée
alors
qu'elle été attachée à
Pro's Per Aim ...
Seule avarie, le "doigt de fer" en acier trempé d'1cm de
diamètre qui soulage la chaîne du
mouillage s'est
tordu comme un vulgaire trombone ...
Heureusement que nous avions notre chaîne neuve. Nous aurions
perdu Pro's Per Aim avec l'ancienne dont un maillon n'était
pas
soudé. Notons que nous attendons toujours que le revendeur
des
Sables d'Olonne ou le fabricant nous la rembourse !
Nos souvenirs les plus forts de Bequia sont les 2
plongées
dérivantes sur des tombants superbes et la rencontre d'Orton
KING dans son sanctuaire de tortues imbriquées.
Petit Nevis, île déserte
utilisée autrefois pour
dépecer des baleines ... Moustique l'île des
milliardaires
... Canouan, Mayero
et ses paysages de cartes postales ... Et puis les Tobago Cays,
avant de rejoindre Petit
Saint Vincent, Union et enfin l'île aux
épices : Grenade
où Benjamin
nous rejoint pour une croisière de 15 jours au soleil ...
Le mois de juin s'avance et il y a encore tellement d'îles
à découvrir. Bon ! nous resterons jusque fin
juin, mais là il faudra vraiment nous éloigner de
la zone à risque cyclonique !