Les Petites Antilles
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Partis le 8 novembre
de Lanzarote aux Canaries, nous arrivons le 30 au Marin en Martinique, après une traversée de 2931 miles.


La Martinique du 30 novembre au 23 décembre 2006

Après trois semaines de grand large, nous avons besoin de repos. Nous restons dans la baie du Marin et dans celle, toute proche, de Ste Anne pendant une douzaine de jours. Plages de sable blanc, cocotiers, chaleur du soleil et de l’accueil : un cocktail fort agréable.

Isabelle retrouve son cousin Etienne, compagnon charpentier, installé là depuis plus de 10 ans. Nous passons chez lui, au centre de l’île, un super week-end et faisons connaissance de sa femme Sylvie et de ses enfants, Cécile et Cédric. Nous repasserons les voir au printemps.

C’est à partir du mouillage dans la Grande Anse d’Arlet sur la côte ouest que nous louons une voiture pour visiter l’Habitation Clément. Ce terme d’Habitation désigne l’ensemble des terres et des bâtiments qui formaient un domaine d’exploitation agricole.

L’Habitation Clément est une distillerie. La maison de maître est intacte et superbement meublée. Tout un musée retrace l’histoire de la fabrication du rhum. Les martiniquais sont fiers de leur rhum blanc (AOC depuis 1996) et s’offusquent quand on le confond au rhum industriel qui n’est qu’un sous-produit de la canne à sucre obtenu à partir de la mélasse.

Les embouteillages sur les routes martiniquaises sont tellement monstres que nous avons failli faire demi-tour et rendre au loueur sa twingo jaune pourrie. Finalement nous allons quand même jusqu’au bout de la presqu’île de la Caravelle où il reste quelques ruines d’une gigantesque habitation sucrière : le Château Dubuc. Toutes ces grandes exploitations se sont effondrées avec l’abolition définitive de l’esclavage en 1848 suite à un décret préparé par Victor Schœlcher.

Notre dernier mouillage fut devant St Pierre, la ville qui subit en 1902 la terrible éruption de la Montagne Pelée. Très peu de vestiges : tout a été détruit par la nuée ardente. Ce cataclysme fit 30 000 morts. La ville qui était la capitale économique de la Martinique renaît doucement de ses cendres mais a perdu son importance d’antan.


Les Saintes du 23 décembre 2006 au 1er janvier 2007 


Pour arriver de jour dans l’archipel des Saintes nous quittons le mouillage de St Pierre au nord de la Martinique vers une heure du matin. La mer, dans le canal de la Dominique, est très agitée et la houle nous prend de travers. Nous sommes d’autant plus secoués que les grains avec leurs rafales se succédent nous trempant des pieds à la tête.

Tout se calme quand nous longeons la Dominique, bien à l’abri derrière ses hautes montagnes couvertes de forêt tropicale. Il nous faut même faire du moteur faute de vent. Et re-belote dès que nous entrons dans le canal des Saintes : les alizés et une méchante houle que rien n’arrête depuis l’Afrique nous malmene
à nouveau pour quelques heures.

C’est donc aux Saintes que nous passons les fêtes de fin d’année. Pas de sapins mais des cactus décorés et comme chez nous des lumières qui clignotent sur les maisons et des pères Noël qui grimpent aux balcons. Des petites cases très colorées et des scooters pour se déplacer. La rade des Saintes étant une des plus belles au monde, la destination est prisée et plusieurs dizaines de bateaux y sont au mouillage.

A l’îlet Cabrit, inhabité, nous faisons connaissance de Didier et Nicole sur leur voilier Eburnéa. Il est prof à Pointe-à-Pître et elle architecte. Nous passons plusieurs soirées animées ensemble. Nous apprendrons plus tard que nous avons loupé Pascal et Delphine qui étaient au mouillage à côté de nous.

Au Fort Napoléon, qui domine l’archipel : photos ! Isabelle y voit ses premiers iguanes se prélasser au soleil sur les remparts. Et puis le musée retrace l’histoire mouvementée des lieux : encore des histoires avec les Anglais !


Marie-Galante du 1er au 6 janvier 2007 


Marie-Galante, comme les Saintes, fait partie du département de la Guadeloupe. Et c’est à l’est : il nous faut donc remonter les alizés contre la mer et le vent, le tout au moteur. Pro’s Per Aim tape sur les vagues et affronte courageusement une mer courte et hachée contre un vent debout soufflant à 20 nœuds de moyenne. Heureusement cela ne dure que cinq heures pour arriver à St Louis sur la côte ouest de Marie-Galante. On se console en se disant que le retour se fera à la voile au portant.

Marie-Galante était surnommée l’île aux 100 moulins. Ils servaient au broyage de la canne à sucre, principale ressource de l’île encore aujourd’hui. Marcel, un marie-galantais « spécialiste de la visite de l’île » nous emmène chez le Père Labat, rhumerie réputée des Antilles, puis dans une fabrique de sirop de batterie qui sert à l’élaboration du fameux Ti’Punch ; génial et mille fois meilleur qu’avec le sirop de canne. Le tour a continué pour finir chez Marcel avec une nouvelle dégustation de Ti’Punch. Hic ! Nous en sommes repartis avec des légumes et des fruits de son jardin.

Sur le marché de St Louis, nous apprenons comment faire du sirop de groseille avec des groseilles-pays. Rien à voir avec les petites baies de nos jardins. On fait une décoction avec les feuilles et on jette le fruit. On obtient un jus très rouge qu’on fait réduire avec du sucre. Exquis ! Nous faisons d’autres expériences culinaires avec les poissons, les fruits et les légumes locaux. On trouve toujours quelqu’un pour nous expliquer comment les cuisiner et nous nous régalons.


La Guadeloupe du 6 au 21 janvier 2007 


Souvenir très mitigé de cette première escale sur le « papillon » ! Nous y allions pour en finir avec les dernières réparations sous garantie chez l’agent ALUBAT de Pointe-à-Pitre. Cela devait durer quatre ou cinq jours. En fait nous avons été coincés dix jours dans cette marina sans intérêt et sans pouvoir s’éloigner du bateau où nous attendions toujours un technicien ou un artisan. L’ambiance n’était pas excellente sur le ponton des loueurs où nous étions amarrés. Beaucoup d’agitation et d’énervement !

Les OVNI sont d’excellents bateaux de grand voyage. Toutes nos avaries sont dues à des mauvais montages d'équipements.

Des moments sympas ? Oui ! Quand même ! 

Ce furent des rencontres :
Bernard et Brigitte qui faisaient l’acquisition d’un cata d’occasion et que nous retrouverons à St Martin. Ils connaissent bien les Antilles où ils naviguent depuis plusieurs années.
Stéphane, le chef d’atelier d’Antilles-Sail.com qui a travaillé avec beaucoup de sérieux, d’ingéniosité et de gentillesse pour remettre Pro’s Per Aim d’aplomb.

Ce furent aussi des retrouvailles :
Corinne, une cousine germaine que Guy n’avait pas revu depuis une trentaine d’années et son mari Lionel.
Didier et Nicole, rencontrés aux Saintes et pour lesquels Isabelle a essayé la recette du blaff de poissons antillais : immangeable … c'était trop salé ! Didier nous a emmené dans le centre de Pointe-à-Pitre pour nous montrer où nous pouvions acheter du madras. La ville est moche, limite bidonville pour ses faubourgs.
Pascal et Delphine qui ont quitté la Touraine il y a huit ans pour reprendre un cabinet de kinés sur Grande-Terre et qu'Isabelle n’avait pas revus depuis leur départ de métropole. Coïncidence ! Ils attendent que leurs filles soient grandes pour démarrer leur tour du monde en voilier. Nous avions plein de choses à échanger. Pascal est allé aux San Blas et Delphine aux Galapagos. Ils sont enthousiastes l’un comme l’autre sur leur traversée et leur séjour sur place.
Et puis des coups de fils passés depuis la zone WIFI d’un café de la marina. Nous avons eu parents et enfants longuement. Cela fait chaud au cœur. Nous en avons profité pour organiser notre retour en France au printemps pour une quinzaine de jours. Nous ramènerons le bateau à Pointe-à-Pitre où nous prendrons l’avion pour Paris.


Antigua du 21 au 29 janvier 2007 


Le jeudi 18 dans la matinée nous pouvons enfin larguer les amarres et sortir de la marina. Pour aller à Antigua, nous pouvons passer par la rivière salée (entre Grande-Terre et Basse-Terre) mais il faut être à cinq heures du matin devant le pont ouvrant car c’est le seul moment où il laisse passer les bateaux. Du coup nous préférons contourner Basse-Terre.
Une première nuit dans l’Anse des Trois Tortues (jolie comme tout) et deux autres à Deshaies où il faut attendre pour faire notre clearence. Ce papier jaune précise notre date et lieu de sortie et il faut le présenter à l’arrivée sur une nouvelle île.

Nous faisons donc fait notre entrée à English Harbour au sud d’Antigua. Cette fois c’est sérieux ! Dans cette petite république indépendante depuis 1981, nos passeports  reçoivent leur premier coup de tampon sur la page « visa ».

Antigua vit du tourisme de luxe. Nous sommes mouillés dans la baie de Falmouth Harbour devant la marina. Les yachts que nous y voyons sont impressionnants qu’ils soient à voile ou à moteur. Au nord de l’île, à la fin de notre séjour, nous avons même croisé un bateau de milliardaire ayant son hélicoptère à turbine à bord. Comme on peut l’imaginer, s’ils sont là avec leurs bateaux magnifiques, c’est que cela vaut le coup. Derrière les barrières de corail, des lagons aux eaux bleu turquoise et au sable blanc nous donnent un avant-goût de la Polynésie et de ses atolls.

La navigation entre les récifs coralliens fait monter le taux d’adrénaline mais une fois l’ancre bien accrochée au fond, quel plaisir pour les yeux ! Le bonheur est aussi sous l’eau, à nager avec les poissons entre les patates de corail. Notre mouillage préféré fut celui de Non Such Bay à l’est, près de Green Island.

Nous retrouvons Madjid, Angèle et leur fille Héloïse à Mosquito Bay. Isabelle reconnait leur cata « L’oiseau Lyre » qui était notre voisin aux Saintes et nous avons juste le temps de se faire un petit coucou avant qu’ils ne lèvent l’ancre.

Un contretemps dans ce paradis : au mouillage devant Jolly Harbour, Guy, en faisant ses vérifications de routine, a constaté qu’il y avait une fuite d’eau de mer au niveau du moteur. L’eau salée avait coulé sur le bloc moteur en passant par l’alternateur. Rien n’avait encore grillé mais il fallait réparer rapidement. Et là, gros coup de bol ! Le seul agent Volvo d’Antigua est justement installé dans la marina de Jolly Harbour. Nous sommes allés nous amarrer sur son quai. En deux heures ce fut fait et bien fait. C’était, là encore, un défaut de montage. Un tuyau n’était pas adapté à la pièce sur laquelle il était fixé. Serré au maximum par le constructeur pour éviter les fuites, il s’était plié et au bout dequelques mois avait déformé la pièce plastique. Cela avait tenu un an mais la fuite, à terme, était inévitable. Nous commençons à nous demander si cette longue liste d’avaries va avoir une fin.


Barbuda du 29 au 31 janvier 2007 


Barbuda fait partie de la république d’Antigua et en est le parent pauvre. Si Antigua est surnommée l’île aux 365 plages, on peut dire de Barbuda qu’elle n’a qu’une seule plage ! Barbuda est si plate qu’on ne la voit qu’à quelques milles de la terre qu’il faut arriver de jour avec le soleil dans le dos de façon à pouvoir repérer les patates de corail non cartographiées.

En se rapprochant on voit une plage de sable blanc à perte de vue surmontée de quelques buissons de palétuviers et de rares cocotiers. Nous passons la première nuit à Coco Point. La mer est un peu houleuse et des petits rouleaux se brisent sur la plage. Nous pouvons débarquer avec l’annexe mais quand il faut repartir après une balade de l’autre côté de la pointe, les ennuis commencent. Nous ne pouvons pas mettre le moteur en route entre deux rouleaux et nous nous retrouvons trempés, l’annexe pleine d’eau, le sac contenant l’appareil photo arrosé ... Une seconde tentative après avoir vidé l’annexe n’a pas davantage de succès ... Heureusement, des anglais nous  proposent leur aide et rentrent dans l’eau jusqu’à la poitrine pour nous pousser au-delà de la limite où les vagues se brisent. L’appareil photo n’a pas souffert. La prochaine fois on prendra le sac étanche.

Ensuite nous allons à Low Bay. A cet endroit, une quarantaine de mètres de sable sépare la mer du lagon intérieur. Pour aller à Codrington, le seul village de l’île, il faut passer l’annexe par-dessus ce cordon sableux puis traverser le lagon sur 3-4 kilomètres. Comme elle est trop lourde pour nous deux, nous ôtons le moteur et faisons deux voyages.

Codrington est une petite ville pauvre. Seules quelques rues sont goudronnées. Les poules et les coq se promènent en liberté. Nous nous régalons d’une langouste grillée, une des rares ressources de l’île avant faire un tour au nord de la lagune pour voir des frégates, ces grands oiseaux des mers tropicales. Les mâles sont impressionnants avec leur poche rouge démesurément gonflée sous leur bec, saison des amours oblige ! Ils font même des percussions en frappant ce gros ballon écarlate avec leur bec.

Pour partir et parer les récifs de jour, nous levons l’ancre le 31 janvier en début d’après-midi et nous remouillons quelques milles plus loin, au large. Il faut en effet une douzaine d’heures pour rallier St Barth, l’escale suivante. Nous partons dans la nuit de notre mouillage au milieu de nulle part.


Saint Martin du 2 au 28 février 2007

A près une escale de 24 heures à Saint Barthélémy qui nous déçoit, nous décidons de rallier tout de suite Saint Martin. Il n’était pas prévu de passer tant de temps sur cette île franco-hollandaise. Mais le séjour fut si varié et si agréable que les quatre semaines se sont passées sans que nous nous en apercevions.


Dès notre arrivée en baie de Marigot, la capitale du côté français, nous cherchons un chantier pour caréner le bateau. La première semaine est occupée à son entretien. Le chantier POLYPAT assure un carénage soigné et très professionnel. Pro’s Per Aim avait bien besoin de ce nettoyage de coque ! Nous faisons faire des protège-capots par une sellerie marine. Les UV sont si destructeurs sous les tropiques que le plexiglas des capots finit par se fendiller si on ne les protège pas.
Et Isabelle retrouve Anne, une amie prof de maths en poste à St Martin depuis septembre 2006. Dès la fin des travaux, nous allons mouiller à l’Anse Marcel, là où elle habite. Elle nous présente ses amis, et nous fait découvrir son île. Que de plaisir à la pensée de tous ces moments passés ensemble !


Vincent nous emmène à son club de plongée, le  Sea Horse Diving, et nous faisons notre baptême avec Jean-Jacques le vendredi 9 février. Des centaines de poissons colorés nageaient autour de nous, l’eau est claire et chaude : un vrai bonheur et une grosse envie de recommencer. Nous allons donc passer notre niveau I.
Il nous faut encore quatre plongées avec des cours théoriques et des exercices pratiques sous l’eau, comme « lâcher son détendeur et le récupérer » et « ôter son masque, le remettre et le vider de son eau » pour obtenir notre diplôme.
Autant lâcher le détendeur ne gênait pas Isabelle, autant il lui a fallu plusieurs faire plusieurs essais avant de réussir le vidage de masque sans se gober !

Nous faisons une sixième plongée la veille de partir. C’est incroyable à quel point nous nous sentons déjà beaucoup plus à l’aise. Au cours de nos différentes sorties sous-marines, nous avons vu des langoustes, des lambis, des murènes, une raie pastenague, un poisson-pierre, pleins de poissons tropicaux aux couleurs magnifiques et surtout … un requin nourrice. Il avait beau dormir du sommeil du juste sous son rocher, le palpitant d'Isabelle s’est mis à battre trop vite et elle a consommé en un rien de temps l’oxygène qui restait dans sa bouteille. Elle a terminé la plongée accrochée à Alain, le moniteur, qui lui avait passé son second détendeur. Il paraît que ce sont des bêtes mignonnes comme tout ! Nous, nous voulons bien mais il faisait quand même plus de deux mètres et nous l'avons trouvé impressionnant.


Vincent et Anne nous parlent de l’îlet Tintamare au nord de St Martin. C’est un endroit encore sauvage. Du coup nous leur  proposons une mini croisière pendant le week-end du 10-11 février. 
Partis le samedi matin, nous arrivons pour déjeuner devant la plage.
Anne nous montre ensuite comment utiliser l’argile blanche récupérée dans le bush derrière la plage pour se faire des applications sur le corps. Gommage génial, soins dignes des grands établissements de thalassothérapie !
Le lendemain, plutôt que de rester devant l’îlet, ils ont envie de faire de la voile. Nous partons donc vers Anguilla dont nous longeons la côte avant de rentrer en début d’après-midi sur St Martin.
C’est la première fois que nous faisons de la voile pour faire de la voile et pas pour aller quelque part et c'est très agréable.
Ils barrent du début à la fin comme des pros et Vincent monte en haut du mât en pleine mer à la fois pour la sensation et pour faire des photos.


C’est aussi la période du carnaval et des mardis de Grande-Case où nous écoutons de la musique dans la rue, regardons passer les fanfares et mangeons dans des lolos ou au Calmos Café, les pieds dans l’eau.
Le lundi 26 nous avions prévu de faire des courses avec Anne et de se procurer un appareil photo avec boîtier étanche pour garder des souvenirs de nos plongées. 
Pas de chance ! Des grévistes bloquent les routes et nous ne pouvons pas sortir de l’Anse Marcel en voiture. Pas grave ! Pro’s Per Aim nous emmene à Marigot où nous trouvons notre bonheur. Anne est ravie de cette nouvelle croisière. Le retour se fait à la tombée de la nuit.

De notre séjour à St Martin, nous gardons de supers souvenirs : le charme de l’île et de ses plages, la découverte du milieu sous-marin et du plaisir de la plongée et la chaleur de l’accueil d’Anne et de ses amis. Nous sommes tristes de nous quitter mais il est temps de reprendre la mer.


La Guadeloupe du 01 au 14 mars 2007 

Il nous faut 26 heures pour redescendre en Guadeloupe au près serré et même avec un peu de moteur pour réussir à faire route avec un vent quasi de face.
Nous passons de nuit le long de Montserrat où le volcan est en activité. De longues coulées de lave incandescentes dévalent les pentes. Certaines vont jusqu’à la mer. Nous sommes à 2-3 milles de la côte. Par moment des vagues énormes soulèvent le bateau faisant penser à des secousses sismiques liées aux éruptions. C'est un spectacle extraordinaire et très impressionnant.

Nous profitons de ces quinze jours en Guadeloupe pour replonger plusieurs fois sur des sites différents et en particulier dans la réserve Cousteau à l’ouest de Grande-Terre. Les massifs coralliens de Guadeloupe sont beaucoup plus colorés qu’à St Martin. Ceux de la réserve Cousteau sont magnifiques et très peuplés. Nous nous sentons de plus en plus à l’aise sous l’eau.

Pour être à l’abri d’une méchante houle qui faisait rouler Pro’s Per Aim sur la côte ouest de Basse-Terre, nous retournons aux Saintes nous installer à l’Ilet Cabrit comme à Noël. C’est là que François et Jacqueline nous rejoignent. Ils étaient venus passer une dizaine de jours en Guadeloupe en famille et ont pris le ferry pour passer deux jours à notre bord. De bons moments : baignade, snorkeling, chasse sous-marine, balade sur Terre-de-Haut, Ti’Punch et farniente.

Avec une voiture de location nous faisons la Route de la Traversée. Comme son nom l’indique, elle traverse Basse-Terre d’est en ouest au milieu de la forêt tropicale : très humide, luxuriante, grandiose. Des arbres géants, ne pouvant faire pénétrer profondément leurs racines, ont besoin de contreforts spectaculaires pour se maintenir debout.

En rallongeant la chaîne un jour où le vent soufflait un peu fort, les yeux de Guy tombent sur un maillon qui n’avait jamais été soudé. Situé pile au milieu de nos 70m, il aurait pu lâcher, laissant l’ancre au fond et nous faire perdre le bateau. Heureusement il a toujours tenu. Mais nous sommes contraints de racheter un mouillage ... Encore une avarie ...
C'est après un aller-retour en France fin mars que nous quittons la Guadeloupe le 5 avril pour la Martinique.



La Martinique du 6 avril au  22 mai 2007

Après une vingtaine d'heures de mer, nous atterrissons à St Pierre dans le nord de la Martinique, au pied de la Montagne Pelée où nous prenons contact avec le club Papa D'Lo qui nous avait été recommandé par Vincent. Après deux plongées, nous décidons de passer notre niveau II avec eux.
Jacky, le président du club, le propose en huit plongées plus des cours théoriques. Plusieurs sites magnifiques à St Pierre : les épaves coulées lors de l'éruption de la Montagne Pelée, les Canyons de Babody (coulées de laves recouvertes de corail et séparées par des bandes de sable), le rocher de la Perle... A l'issue de la formation nous serons autonomes dans les 20m et nous pourrons plonger encadrés jusqu'à 40-45m.
Il a fallu apprendre à remonter depuis 20m un plongeur inconscient en utilisant la stab (gilet gonflable soutenant la bouteille). Ce fut la partie la plus difficile. Nous avons fait également deux plongées profondes à 45m sur l'épave du Roraima et dans les Canyons de Babody. Nous profitons de la bonne ambiance pour acheter du matériel d'occasion (stabs, détendeurs...) en confiance. Désormais il ne nous manque plus que les bouteilles et ... le compresseur !

Chassés par une mauvaise houle nous descendons dans le sud, au Marin et nous passons le dimanche 22 avril chez Béa (la cousine d'Isa), Marco et leurs quatre filles. Marco, qui est pêcheur, nous cuisine des tripes de poissons. Délicieux ! Nous leur donnons nos vélos. Ils sont trop grands et trop lourds et nous ne réussissons pas à les utiliser. Nous sommes retournés chez eux début mai. L'accueil est toujours aussi chaleureux. Cette fois Marco avait pêché des thons dont il avait gardé les coeurs et les foies. Exquis en fricassée !

C'est le mercredi 25 avril que nous allons chercher Hélène (la fille de Guy), Yann et leur fille Metig à l'aéroport de Fort-de-France. Avec eux nous faisons une croisière le long des côtes ouest de la Martinique. Ils découvrent le grand mouillage de Ste Anne, les Anses d'Arlet, l'Anse Noire si petite et très encaissée et juste à côté l'Anse Dufour avec son sable aussi blond que celui de l'anse voisine et noir. 
Nous avons ensuite passé du temps à St Pierre. Ils ont beaucoup aimé le nord de l'île avec sa forêt tropicale sur les pentes des volcans de la Montagne Pelée et des Pitons du Carbet. Hélène fait son baptême et Yann, qui avait eu son niveau I  il y a une douzaine d'année, plonge de nouveau. 
Une fois encore la houle nous a contraints à quitter le mouillage de St Pierre et nous  retournons à Ste Anne et au Marin pour la fin du séjour des enfants. Après une dernière balade à la grande plage des Salines et dans la Savane des Pétrifications, ils reprennent l'avion le mercredi 9 mai.

Il est temps de ranger le bateau, de faire des lessives chez Béa et de nous préparer au départ vers Ste Lucie l'île indépendante au sud de la Martinique.



Ste Lucie du 22 au 28 mai 2006

Que six jours ? Eh oui ! La grosse déception !


Bon, on nous avait pourtant bien prévenu que Ste Lucie était « un piège à touriste »  avec peu de mouillages possibles, et aucun tranquilles. Bruyants, agités par les hordes de scooters des mers et autres hors bords, nous n’avons aimé ni les mouillages ni la mentalité de Ste Lucie, surtout après avoir voyagé dans d’autres îles-républiques charmantes comme Antigua et Barbuda. De plus, la politique locale met une étiquette « pigeon à plumer » sur le front de chaque occidental qui arrive.

Des chiffres ? Une journée de location de voiture (le moins cher que nous avons trouvé) à 96 US$ … La plongée à 60 US$ plus location du matériel … Pour bien vider le porte-monnaie du touriste plongeur qui a fait l'erreur de réserver un hôtel pendant ses quelques jours de congés annuels, il est interdit aux étrangers de plonger sans un « guide local » …  rémunéré bien sûr par le plongeur ...
Par comparaison, en Martinique, nous avons loué chez « Madin Loc» une Clio pour 20€ et la plongée chez « Papa d’Lo » nous coutait 15€ …
Tout est prétexte à extorquer des sous au touriste qui se fourvoie dans cette toute petite république.
Dans la même veine, les égouts à Castries (la capitale) sont à ciel ouvert et se déversent comme ça dans la mer, mais pour nous plaisanciers, nous avons l’interdiction de rejeter nos eaux usées à moins de 500m du rivage …

En dehors de tout ça, nous avons été outrés d’apprendre que la chasse à la tortue est toujours pratiquée dans les eaux de Ste Lucie et de voir – en plein jour – dans le port de pêche de Rodney-Bay, un pêcheur partir tranquillement avec son fusil sous-marin et … son matériel de plongée ! En France, et à peu près partout dans le monde, c’est tellement interdit de chasser avec bouteilles qu’on risque gros rien qu’en possédant fusil et matériel de plongée sur le même bateau. C’est pour cela que nous avons donné notre fusil de pêche à Marco et Béa lorsque nous avons fait l’acquisition de nos bouteilles !

Des côtés positifs ? Oui quand même ! C’est Vincent un créole de Ste Lucie qui nous prend en amitié et qui nous explique l’histoire agitée de son île. C’est la balade en taxico pour aller à Castries. C’est la réserve de l’islet Pigeon et les fortifications dans Rodney Bay
Ste Lucie est indépendante depuis 1979 dans le cadre du Commonwealth. Français et Anglais se la sont disputée pendant deux cents ans et Rodney Bay porte le nom de l’amiral qui dirigea la garnison du fort situé au sommet de l’Islet Pigeon.
Nous avons mouillé trois jours à son pied et nous y sommes montés. Belle vue sur la baie et superbes flamboyants en fleurs. 

Au retour, il ne nous faut que trois heures pour remonter les 24 milles du canal de Ste Lucie. Un ris dans la grand-voile et tout le génois, au près bon plein tribord amure, Pro’s Per Aim s’éclate ! Donnez-moi encore du vent comme ça et vous verrez tous les milles que je vous offrirai nous murmure-t-il dans le creux de l’oreille …

Nous restons en Martinique trois jours, le temps de refaire l'avitaillement, avant de descendre dans les Grenadines, lieu bénit où les scooters des mers sont interdits ….



Les Grenadines et Grenade en juin 2007

14h30, nous appareillons de St Anne et filons au 215°, droit sur St Vincent et Bequia, au largue babord amure tout dessus ... Pro's Per Aim nous avait demandé du vent, et bien en voilà et il file sur les vagues souvent à près de 10 noeuds ... Navigation superbe, beaucoup de plaisir et au petit jour nous entrons dans Admiralty Bay à Bequia. 
Nous nous connaissons bien maintenant et notre ménage à trois fonctionne. Nous prenons soin de Pro's Per et il veille sur nous. Beaucoup de complicité et d'affection nous rapprochent. 
Dans deux jours, il nous gardera en sécurité pendant notre premier vrai "coup de tabac". Un avant-goût de ce qui peut arriver dans ces régions maintenant que nous sommes entrés dans "la saison des cyclones".
Nous étions au mouillage et notre grosse annexe avec son hors-bord de 30 kg s'est envolée et retournée alors qu'elle été attachée à Pro's Per Aim ... Seule avarie, le "doigt de fer" en acier trempé d'1cm de diamètre qui soulage la chaîne du mouillage s'est tordu comme un vulgaire trombone ...

Heureusement que nous avions notre chaîne neuve. Nous aurions perdu Pro's Per Aim avec l'ancienne dont un maillon n'était pas soudé. Notons que nous attendons toujours que le revendeur des Sables d'Olonne ou le fabricant nous la rembourse !

Nos souvenirs les plus forts de Bequia sont les 2 plongées dérivantes sur des tombants superbes et la rencontre d'Orton KING dans son sanctuaire de tortues imbriquées.

Petit Nevis, île déserte utilisée autrefois pour dépecer des baleines ... Moustique l'île des milliardaires ... Canouan, Mayero et ses paysages de cartes postales ... Et puis les Tobago Cays, avant de rejoindre Petit Saint Vincent, Union et enfin l'île aux épices : Grenade où Benjamin nous rejoint pour une croisière de 15 jours au soleil ...

Le mois de juin s'avance et il y a encore tellement d'îles à découvrir. Bon ! nous resterons jusque fin juin, mais là il faudra vraiment nous éloigner de la zone à risque cyclonique !



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