Le Venezuela - delta de l'Orénoque et Gran Sabana


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Vendredi 10 Août 2007


Nous faisons connaissance de Matthias SAUTER, notre guide, et José BROTONS, le directeur de l’agence TRANSPACIFIC,  nous donne enfin le programme du voyage.
Matthias est allemand et cela fait 20 ans qu’il vit au Venezuela. Comme il parle un peu anglais, nous devrions réussir à nous comprendre. Il possède un 4x4 Toyota dans lequel nos bagages seront à l’abri et nous, confortablement installés avec la clim pour ce périple de 3000km. Matthias est un vrai pro du raid « aventure ». Il a tout prévu : les glacières avec les boissons et la nourriture et les hamacs avec moustiquaires. Il connaît bien le circuit, maîtrise parfaitement son véhicule, parle couramment l’espagnol et a des contacts partout.

Au programme :
  • 2 nuits chez les indiens à Yabinoco dans le delta de l’Orénoque
  • 5 nuits dans la Gran Sabana dans des posadas (auberges)
  • 1 nuit à Ciudad Bolivar
  • 1 nuit au campement de base du Salto Angel
  • 1 nuit à Canaima (on prononce « canaïma »)

Daniel et Viviane ne viendront pas avec nous à Canaima car il ont fait cette excursion l’an dernier. Ils rentreront en 4x4 avec Matthias et nous, 2 jours après en bus.


Samedi 11 Août 2007

8h – Départ pour le delta de l’Orénoque via Maturin.

10h30 – On crève le pneu AR droit dans Maturin. Quelle chance ! A proximité d’un garage ! D’après le mécano qui est venu changer la roue, il ne faut pas rester sur ce parking car le coin n’est pas sûr. Pendant que l’on répare le pneu de son 4x4, Matthias nous emmène dans un restaurant typique des bords de route. On y commande un certain poids de viande qui est cuite à la broche sur un énorme barbecue enterré. Elle est servie découpée, avec des patates ou du riz, de la sauce et des crudités.

14h – Moins de 100 km plus loin nous sommes à San Jose de Buja. Nous chargeons les bagages dans une barque et notre guide met la voiture dans un garage. Deux indiens Waraos profitent du bateau pour rentrer chez eux, à Yabinoco, notre destination. Il pleut et il faut protéger nos valises dans des grands sacs poubelles. Sous les averses nous prenons des canaux de plus en plus larges dans le delta. Avec la vitesse, les gouttes d’eau nous piquent telles de petites aiguilles.

Une bonne heure plus tard nous arrivons au village indien. Le dépaysement est total !
Les huttes en bois, couvertes de palmes et sans murs longent la rive. Elles sont sur pilotis tout comme l’unique chemin du village. Des hamacs sont suspendus à l’intérieur et toute la famille vit sur le plancher de rondins sans aucun confort.

Le gouvernement tente de sédentariser ce peuple nomade. Quelques indiens ont construit un cabane en dur et 2 ou 3 ont la télé. Elle peut fonctionner du coucher du soleil jusqu’à 23h pendant que le générateur fournit du courant pour les rares frigos et congélateurs.
Matthias et Guy plongent dans les eaux marrons de l’Orénoque qui doit sa couleur à des oxydes 
de fer. Pour leur toilette, les indiens y descendent avec le gel-douche. Dans leur hutte il n’y a pas d’eau courante et ils font leur cuisine au feu de bois.

Pour nous c’est à peine moins spartiate ! Nos hamacs sont dans une grande hutte dont le sol est fait d
e planches et nous avons des murs en bois avec des ouvertures équipées de moustiquaires. Pour les douches, c’est comme pour les toilettes dans des cabanons extérieurs. Nous avons l’eau courante … mais elle est directement pompée dans le fleuve et n’est donc pas potable. Pour se laver les dents on prendra l’eau en bouteille.

18h30 – Le soleil est couché. Pour l’apéro, Matthias nous propose un CUBA LIBRE. C’est le Ti’Punch vénézuélien : du rhum, du coca et une rondelle de citron, le tout servi bien frais. Fini le rhum agricole AOC dont les Martiniquais sont si fiers. Ici il est fabriqué à partir de la mélasse et non du jus de canne. C’est beaucoup moins bon mais noyé dans du coca ça passe très bien !

Bien fatigués nous allons dans nos hamacs de bonne heure, bercés … désagréablement … par le ronronnement du groupe électrogène qui ne s’arrêtera que vers minuit !


Dimanche 12 Août 2007

Réveillés en fanfare par les coqs avant l’aube nous nous rendormons quand même jusqu’à 6h30. Après un petit déjeuner copieux, nous montons dans le bateau de Freddy, un habitant du village qui nous promènera pendant les 2 jours. Julio, un copain indien de Matthias, sera notre guide dans la jungle et sur le fleuve.

Le débit de l’Orénoque le classe au 4e rang mondial. Son delta couvre une surface équivalant à 75% de celle de la Belgique. Nous sommes dans la partie nord, celle qui se jette dans le Golfe de Paria et nous allons passer toute la journée sur l’eau dans la région de la Boca de Tigre. Nous sommes impressionnés par l’immensité du site. Des centaines de canaux forment un labyrinthe dans la forêt vierge. Des jacinthes d’eau dérivent au gré des marées qui se font ressentir très loin dans l’intérieur de delta.

Nous empruntons un bras encombré par des roseaux. Plus nous avançons, plus la végétation est dense et le moteur de 48 CH ne réussit plus à pousser la pirogue. Julio dégage le passage avec sa machette mais bientôt cela ne suffit plus. Matthias et lui saisissent alors les planches qui nous servaient de repose-pieds et nous sortent de là en prenant appui sur le fond pour extraire la barque du piège où elle s’est mise.

La Morena, un autre village Warao est à une demi-heure de bateau de Yabinoco. Une trentaine de famille y vit. Un chemin sur pilotis passe entre la forêt et les huttes. Des troncs couchés perpendiculairement au chemin tracent un sentier vers la végétation luxuriante à partir de chaque habitation. Julio nous explique qu’ils conduisent aux « baňos »  et que lorsqu’on y pose culotte, les moustiques en profitent méchamment !

Une multitude d’enfants se précipite sur Matthias. Ils le connaissent car il n’oublie jamais d’apporter bonbons et sucettes. Nous achetons des colliers de graines colorées et des corbeilles tressées avec les joncs du coin.

Tous les Waraos ne vivent pas groupés en villages. Nous avons vu beaucoup de huttes isolées et habitées au bord du fleuve. Une pirogue avec un moteur est un luxe que peu d’entre eux se permettent.

Pour pêcher le piranha, Julio abat un palmito (petit palmier). Les palmes effeuillées serviront de cannes à pêche. Il nous donne à goûter le cœur de la partie haute et tendre du tronc. Délicieux ! Le reste du tronc est employé pour les planchers des huttes. L’enveloppe du cœur sert de « papier ». On peut y graver des signes en le rayant avec un objet pointu. Il cherche ensuite le coin idéal pour que nous rapportions de quoi faire une bonne friture. Nous n’aurons pas de touche ! C’est Freddy qui en attrapera un dans l’après-midi en nous attendant pendant que nous sommes en « promenade  écologique » dans la jungle.

Pour cette balade un peu particulière nous sommes équipés !
Chaussures ne craignant rien car nous allons marcher dans l’eau et dans la boue nous enfonçant jusqu’au chevilles. Rien n’est sec et rien ne sèche ici.
Manches longues, col fermé et grosses doses de répulsif anti-moustique. Dès que nous quittons la rive pour pénétrer dans la forêt des nuées de ces affreux insectes attaquent. En marche cela va encore mais quand nous nous arrêtons écouter les explications de Julio c’est carrément insupportable.

Tant de choses à découvrir … Julio nous montre des arbres et des plantes permettant de survivre dans ce milieu hostile.
Il coupe une liane et des gouttes d’eau savoureuse s’en écoulent.
Il pose la main sur une termitière suspendue dans un arbre. Quelques secondes plus tard il la retire couverte de termites qu’il écrase entre ses paumes. Il s’en couvre le visage et le voilà protégé des moustiques !
Le balsa est un arbre dont on utilise le bois pour l’aéromodélisme tant il est léger. Sa sève épaisse et rouge est un colorant naturel. Ce qui est surtout impressionnant, c’est le bruit que l’on peut faire en frappant son tronc à contreforts avec une masse. Le son émis est grave et sourd. Il s’entend de très loin. Un téléphone sans fil en quelque sorte !

Un des palmiers qu’il nous montre est particulièrement intéressant.
Avec ses palmes on couvre les huttes. Ses fruits ressemblent à des petites noix de coco dans lesquelles on trouve un peu d’eau et de la pulpe comestible. On en extrait aussi une sorte de fibre végétale tissée et très « stretch » dont on faisait des pagnes. Je préfère le mettre sur ma tête pour me protéger des moustiques qui ne cessent de nous tourner autour. En découpant l’extrémité de l’enveloppe de la fleur on a un verre. Avec son bois séché, on fait du feu en frottant deux morceaux l’un contre l’autre. Bref ! L’arbre à tout faire !

J’ai gardé le meilleur pour la fin …
Dans les arbres morts en décomposition sur le sol détrempé, se développent des vers blancs à tête rouge gros comme un pouce. C’est une source de protéines nous affirme Julio et il nous montre comment le manger. On ôte la tête d’un coup de dents et on la recrache. On le vide ensuite de sa substance liquide et on le mange cru ou cuit. Guy tente l’expérience et réussit l’exploit ! Il avouera après que ce n’est pas très bon, plutôt amer et très caoutchouteux.

Au cours de nos trajets sur le fleuve, nous avons vu des dauphins d’eau douce au ventre rose et des singes. On les qualifie de « hurleurs » tellement ils font du vacarme ! Les perroquets arrivent du continent par milliers à la tombée de la nuit pour dormir au sommet des arbres dans la forêt du delta. Nous regardons le soleil se coucher en écoutant leur chant.


Lundi 13 Août 2007

Dès 8h nous montons dans la pirogue de Freddy qui nous ramène à San Jose de Buja. Il ne pleut pas et la lumière est magnifique.

Nous reprenons la voiture pour une longue route vers la Gran Sabana. Nous passons l’Orénoque sur le tout nouveau pont de San Felix. C’est ensuite Upata, Guasipati, El Dorado et le fameux km88 au pied de la montée vers le plateau.

Au sud-est du Venezuela, la Gran Sabana est un tepui très étendu (1/10 de la France environ). « Tepuyes » est le nom indien donné aux mesas, ces montagnes tabulaires à la silhouette si caractéristique. « La Grande Savane » est un plateau (1400m d’altitude en moyenne) sur lequel, de loin en loin,  se dressent d’autres tepuyes.

Le plus élevé d’entre eux, le Roraima (2800m) est très isolé du reste de la région. Une faune et une flore endémiques s’y sont développé tout comme au Galapagos. « Un monde perdu » !
Il est d’un accès difficile et est réservé aux bons treckeurs … à moins de s’y faire déposer en hélicoptère comme les Japonais que nous avons rencontrés à Yakoo.

17h – Nous avons le temps de monter sur la Gran Sabana. Nous dormirons dans la posada de San Rafaele à côté des rapides de Kamoiran.


Mardi 14 Août 2007

Nous suivons la seule route goudronnée. Elle mène au sud à Santa Elena de Uairén à la frontière avec le Brésil.

Un paysage de savane s’étend de part et d’autre. On s’attend à voir des girafes, des lions … mais rien ! Peu d’animaux ici. Nous verrons quand même quelques oiseaux, des lézards, un scorpion, des chenilles, des papillons et beaucoup d’insectes.

Nous quittons l’asphalte pour des pistes menant à des « Saltos ». La Gran Sabana fait partie du bassin versant de l’Orénoque. Il peut pleuvoir jusqu’à 3000mm par an à certains endroits. Toute cette eau alimente de nombreuses rivières et cascades (les saltos). Quelques unes sont spectaculaires et ont contribué à la réputation de cette région unique au monde.

Nous déjeunons en haut des chutes de Kama qui tombent 110m plus bas. Des indiens y vendent leur artisanat. Ils font de très beaux bijoux. Nous craquons !
Un arrêt rapide à la Quebrada de Jaspe : l’eau court sur le jaspe le polissant sans trêve. C’est rouge et noir. Superbe !

Une fois nos bagages déposés à la posada Yakoo de Santa Elena, il nous reste assez de temps pour passer la frontière du Brésil et faire les boutiques de La Linea. Nous réalisons que nous sommes à moins de 400km de l’équateur. Je ne suis jamais allée autant au sud.


Mercredi 15 Août 2007

Au lever, il pleut. La visibilité est nulle et Matthias revient bredouille de la pompe à essence. Dans ce pays producteur de pétrole, ils ne sont pas capables de s’organiser pour remplir les citernes des stations.
Vers 10h la couverture nuageuse se lève et nous partons. La piste vers le Salto Yuruani est détrempée et en très mauvais état. Matthias nous donne un aperçu de ses talents de conducteur et des capacités de son 4x4.

Baignade et déjeuner à Balenario Suruape puis pause « artisanat » dans la seule ville de cette longue route : San Francisco de Yuruani et nous voici de retour à la posada pour un farniente bien agréable dans le joli cadre de Yakoo. Pendant ce temps Matthias retourne à la station-service. Le camion-citerne est venu et il lui faut faire la queue … Nous ne le reverrons que 3h1/2 plus tard, complètement épuisé. La Gran Sabana est un lieu de villégiature pour les vénézuéliens pendant leurs congés d’été et il paraît que les pénuries de carburant sont courantes pendant la saison touristique.


Jeudi 16 Août 2007

Nous prenons la route de bonne heure pour remonter vers le nord. En passant devant les stations essence, je compte les voitures qui attendent : 80 à l’une et 60 à l’autre. Déjeuner à Kamoiran où nous avions dormi à l’arrivée dans la Gran Sabana. Des voitures font la queue à la pompe … qui est fermée. Personne ne peut dire quand le camion-citerne arrivera … quel pays !

Nous repartons pour 3h de piste vers l’ouest. Le paysage est grandiose et désert sur les 70km vers Kavanayen, grand village indien au fin fond de la savane. Les maisons sont en pierre taillée sur les deux faces. Aucune posada n’a été réservée ici. Matthias demande à la Mission Catholique mais c’est complet. Il finit par trouver des chambres au confort minimaliste. Nous serons quand même dans un lit à l’abri de la pluie qui n’a pas cessé.


Vendredi 17 Août 2007

Matthias est malade depuis hier soir, grippé et pas en forme. Nous faisons un petit tour dans Kavanayen avant de se diriger en 4x4 vers le Salto Aponwao. Faute d’avoir pu remplir le réservoir d’essence hier à Kamoiran, nous ne pourrons pas faire autre chose aujourd’hui. La piste principale était déjà assez sportive mais là cela devient super ! Matthias oublie sa fièvre tellement il s’amuse à conduire sur la piste noyée d’eau. Boue, ornières, gués … rien ne manque !

Arrivés au petit village sur la rive de l’Aponwao, nous prenons une curiara, cette pirogue indienne équipée d’un gros moteur hors-bord.
En 1/2h nous sommes en haut du Salto Aponwao. La rivière bouillonne et des câbles sont tendus en travers. Sans doute pour se rattraper avant la chute en cas de panne de moteur… Impressionnant ! Le bruit de l’eau tombant 100m plus bas est assourdissant. Nous descendons par un petit chemin à travers la jungle au pied de la chute. 
C’est la saison des pluies et nous avons du mal à passer entre les gouttes depuis notre départ. Les cours d’eau débordent et le débit des cascades est énorme. Nous n’avons pas en Europe des spectacles pareils. C’est à couper le souffle, au propre comme au figuré. Lorsqu’on s’approche du pied du salto, la violence des embruns et du vent est à la hauteur d’une bonne tempête en mer.

Retour vers Chivaton, une posada perdue au milieu de nulle part mais un peu mieux que celle d’hier. Comme le ciel s’est dégagé, on aperçoit enfin quelques tepuyes.


Samedi 18 Août 2007

Journée fatigante de voiture jusqu’à Ciudad Bolivar.

Le pneu qui avait été réparé à Maturin éclate. Cette fois-ci, il est mort. Matthias met la roue de secours et on croise les doigts car il ne compte pas faire l’achat d’un nouveau pneu avant Puerto La Cruz.

La posada Don Carlos est dans le centre de la vieille ville, à quelques pas des rives de l’Orénoque. Elle est superbement restaurée et confortable, mais nous dormirons mal car des chiens ne cesseront de hurler et d’aboyer toute la nuit dans la rue. En plus j’ai de la fièvre. J’ai du attraper le virus de Matthias et puis, ce soir, j’ai eu très froid dans la pizzeria où la clim était réglée beaucoup trop bas.


Dimanche 19 Août 2007

7h30 – Matthias nous dépose à l’aéroport de Ciudad Bolivar avant de repartir avec Daniel et Viviane pour Puerto La Cruz. Pendant une heure nous survolons vers le sud de grandes étendues désertes et parfois inondées. Les premiers tepuyes apparaissent et le petit avion se prépare à atterrir sur la modeste piste de Canaima. Nous sommes dans un parc national inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994. Des indiens seront nos guides pendant ces deux jours.

Il faut laisser notre gros sac à la posada Wey Tepuy et ne prendre avec nous que le strict minimum pour le voyage en pirogue vers le campement de base du Salto Angel.
La remontée des rios Carrao et Churun dure plus de 4h. Il faut franchir plusieurs rapides et nous serons même obligés de passer à terre pour l’un d’entre eux. La pirogue doit être délestée du poids de ses 16 passagers pour parvenir à passer sans trop de risques la zone dangereuse des rapides de Mayupa. La majesté des tepuyes que nous longeons nous stupéfie. Des dizaines de cascades coulent le long des parois verticales. A leurs pieds c’est la forêt, luxuriante et gorgée d’humidité. L’eau est rouge, chargée en minéraux et oxydes de fer, le sable et les galets sont roses.

Le campement fait face au Salto Angel. Nous voici devant la mythique « plus haute chute d’eau du monde » : presque 1km en chute libre. Jimmy Angel, un aviateur américain, l’a découverte par hasard en 1937. Elle est magnifique !
Les indiens organisent le camp, coupent du bois pour un énorme barbecue capable de cuire les 25 poulets du dîner et installent les hamacs sous l’abri de tôles. Pendant ce temps nous lions connaissance avec François et Birgit. Ils viennent de terminer leurs études et font un tour du monde en 6 mois.


Lundi 20 Août 2007

Nous partons à pied dans la jungle pour se rapprocher du Salto Angel. La végétation est exubérante et la promenade très agréable.

Arrivés au mirador de la chute nous en prenons plein les yeux. Imaginez un brumisateur colossal ! L’eau qui tombe en chute libre sur presque 1 km s’éparpille en gouttes sur une très large surface en arrivant au sol.
Nous sommes loin et pourtant nous sentons les embruns qui nous rafraîchissent le visage.

Il est l’heure de rentrer. Après un repas au camp nous remontons dans la cariara pour 3 h de descente jusqu’à Canaima et sa lagune. Il pleut pendant presque tout le trajet.  En plus, à chaque fois que nous passons des rapides, nous embarquons de gros paquets d’eau.
Malgré les ponchos en plastique nous sommes trempés et nous finissons par grelotter. Un comble sous ces latitudes ! J’ai à nouveau de la fièvre. Vivement l’arrivée à la posada que je puisse me réchauffer et m’habiller de sec.


Mardi 21 Août 2007

Ce matin, une balade au Salto El Sapo est prévue. C’est le nom de l’une des chutes de Canaima. Pour cela une pirogue nous fait traverser la lagune. Nous continuons à pied sur l’autre rive.

Le sentier passe derrière le salto. Le rideau d’eau qui tombe est tellement épais qu’il fait presque nuit dans l’étroit passage glissant qui longe la paroi. Le vacarme de la cascade nous rend sourd et les trombes d’eau qui nous arrosent nous aveuglent. Impossible d’y échapper … nous voilà à nouveau trempés jusqu’aux os par l’eau rouge venue des tepuyes.

A la sortie nous nous réchauffons vite au soleil en montant en haut de la chute dominant ainsi la lagune et la plaine de Canaima
où des palmiers poussent les pieds dans l’eau. Que c’est beau ! On resterait là contemplatifs s’il ne fallait pas en repartir.

Pour revenir, nous reprenons le même chemin avec un nouveau passage toujours aussi impressionnant derrière El Sapo. Nous nous changeons et vite, nous allons à l’aéroport. Le terme est un peu pompeux pour désigner l’endroit mais c’est comme ça.

Nous sommes dans les premiers à arriver pour s’inscrire sur les listes de départ et nous partons avec les premiers vols … dans deux avions différents. Dommage ! J’aurais bien aimé partager avec Guy mon émerveillement en voyant les averses se déverser sur le sol. L’avion effectue les zigzag nécessaires pour les contourner. Le spectacle est génial !

A l’aéroport de Ciudad Bolivar, nous trouvons un taxi qui nous emmène à la gare routière. Comme beaucoup de voitures dans ce pays, c’est une vieille grosse américaine rafistolée avec du fil de fer. Elle roule … nous n’en demandons pas plus.
Il reste des places pour le bus de 16h30. En ville, l’air est étouffant et la chaleur à peine supportable. Nous attendons au frais dans la minuscule salle d’attente climatisée de la compagnie. Un homme y dort, assis, la tête appuyée sur un tabouret de bar. Rien ne perturbe ses ronflements, même pas les portes qui claquent !
Nous avons invité François et Birgit à passer la nuit sur Pro’s Per Aim car ils vont à Puerto La Cruz. Mais ils n’ont pas réussi à avoir un avion assez tôt pour prendre le même bus que nous et ils décident de rester coucher à Ciudad Bolivar. Ils nous rejoindront demain.

Le trajet dure plus de 4h. Les bus vénézuéliens sont extrêmement confortables. On peut faire des kilomètres sans peiner. Il fait nuit depuis bien longtemps lorsque nous rentrons chez nous, des images, des sons, des odeurs, des goûts et des sensations plein la tête.



 Un guide que nous recommandons : Matthias SAUTER - tel : +58 (0)414 80 80 562    ou    +58 (0) 281 26 77 561



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