Jeudi 30 septembre
2010 - A une trentaine d'heures de mer de
Singapour, nous faisons notre entrée en Malaisie à Port Dickson.
Formalités rapides et efficaces faites par la marina.

Port Dickson est situé à une centaine de
kilomètres au nord de la ville
historique de Malacca et nous
sommes très agréablement surpris par le
très bon
état du réseau routier qui n’a rien
à envier
au nôtre. La circulation n’est pas
spécialement
dense et personne ne semble rouler n’importe comment comme en
Indonésie. De plus, pas de plastiques, de papiers gras, de
bouteilles ou d’ordures dans les fossés, ou sur
les bas-côtés. Le contraste est frappant entre
l’Indonésie et la Malaisie.
Autant le détroit de Malacca est un égout, autant
la
Malaisie est propre et soignée. Des Malais nous expliqueront
que
le détroit récupère les ordures
jetées
à la mer par les Indonésiens, qu’ils
trouvent
ça scandaleux, mais qu’ils n’y peuvent
rien.

Malacca (3 millions d’habitants) est une ville historique
dont le
centre est inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de
l’humanité. Ville de commerce et
d’échanges
entre l’Orient et l’Occident, Malacca garde les
traces de
son passé glorieux avec une architecture datant des
hollandais
et des ruines portugaises du XVIème siècle.
Carrefour de civilisations, donc de religions, les
différents
lieux de culte se côtoient. Les temples
hindous sont à
côté des temples
taoïstes, des temples
bouddhistes et
de la mosquée. Seule
l’église (fermée) est
un peu éloignée.
Partagée entre tradition et modernité la Malaisie
propose
au voyageur soit des taxis flambant neufs soit des pousse-pousse
richement décorés. Chacun choisit en
fonction de ses
goûts ou du confort recherché !
De Port Dickson, en 48 heures de mer, nous gagnons directement
l'archipel de Langkawi situé au Nord de la Malaisie,
à la
frontière de la Thaïlande.
Les paysages marins sont somptueux
mais définitivement
gâchés par les ordures qui flottent partout
où
l'œil se pose. Et là, on ne peut pas accuser les
Indonésiens ! C'est répugnant ! De plus les eaux
sont
opaques et les fonds vaseux, d'une vase collante et puante.
Par contre la beauté de l'île de Langkawi et la
gentillesse des gens sont vraiment agréables sans
réussir à compenser le
dégoût lié
à la pollution du milieu marin.
Vendredi 22 octobre
2010 - Nous
quittons
la Malaisie pour la Thaïlande. Plus nous prenons du Nord, plus
nous nous
éloignons du détroit de Malacca et plus les eaux
s'éclaircissent charriant
de moins en moins d'ordures.
Les bateaux de pêche locaux
sont de plus en plus étranges de notre point de vue
d'occidentaux. Bas sur l'eau, surchargés, ils se mettent
à couple pour se
reposer. Un bateau mouille et on en a vu jusqu'à une dizaine
qui s'accrochent à
lui !!!
C’est
vraiment d’un pas de sénateur que nous parcourons
les 140 milles qui nous
séparent de l’île de Phuket. Nous nous
arrêtons à Koh Rawl, puis à Koh
Kradan,
Koh Muk, Koh Ngai, à Koh Phi Phi et dans la baie Ao Labu sur Koh Yao Yai.
Lundi 1er
novembre 2010 - Nous
sommes enfin à Phuket et nous pouvons faire notre entrée (immigration, douanes,
affaires maritimes) à Ao Chalong.
Immédiatement,
c'est un sentiment de malaise qui nous envahit. Ao Chalong, la ville de Phuket
et l'île du même nom, haut lieu mondial du tourisme sexuel, brillent par leur
saleté, leur culte de la laideur et du sordide, le bruit et l'incroyable
pollution. Les locaux voient tellement de touristes qu'il est devenu
pratiquement impossible d'échanger avec eux. Même les chauffeurs de taxi sont
distants.
Nous allons
passer 4 semaines sur l'île de Phuket, le temps d'obtenir nos visas pour
l'Inde, d'acheter une nouvelle annexe pour remplacer notre vieille
"baignoire", et de se procurer le matériel nécessaire pour préparer
Pro's Per Aim aux 5000 milles qui nous séparent de Suez. On peut trouver
pratiquement tout ici, mais à des prix incroyablement élevés. Tout est beaucoup
plus cher qu'en Europe sauf les repas au restaurant qui sont bon marché si on
se contente d'un bol de riz pimenté avec un morceau de poulet.
Tout le
monde nous avait vanté les paysages superbes de la baie de Phang Nga avec ses
formations rocheuses si particulières ayant servi de décors à des "James
Bond". C'est par milliers que les touristes viennent chaque jour voir
l'île de
007. La pollution, les vagues de leurs speed boat et le bruit
sont inimaginables. Les night-clubs de Patong la nuit et James Bond Island le
jour. C'est ça le tourisme de masse !
Seul pour
sauver notre album photo (!) reste le spectacle superbe des longtails des
pêcheurs de crevettes au petit jour dans la baie de Phang Nga.
Le mois de
novembre avance et les alizés ne sont toujours pas arrivés. Notre visa de 30
jours se termine et nous décidons de redescendre vers la paisible et sereine
Malaisie, vers Langkawi, attendre que les vents soient bien établis pour
traverser vers l'Inde.
Dernier
souvenir de Thaïlande : le 27 novembre nous sommes
réveillés et chassés en pleine nuit
d'un corps-mort public (et libre) de l'île de Koh Lipe par un
énorme bateau de touristes encadré de 3 longtails
éclaireurs. Impossible de
mouiller par nuit noire dans cette baie mal cartographiée et
encombrée de bateaux locaux sans feux de mouillage.
Nous reprenons donc la mer vers la Malaisie malgré le
risque de collision avec les nombreux bateaux de pêche locaux
mal éclairés.

Début décembre 2010 -
ALINDIEN, le commandement des forces navales Françaises dans
l'Océan Indien, nous écrit pour tenter de nous dissuader
de naviguer vers la Mer Rouge. Les pirates somaliens ont très
largement étendu leur zone d'action et n'hésitent plus
à utiliser leurs armes automatiques d'emblée. Pendant une
dizaine de jours nous allons correspondre avec le Maître Navigateur Timonier
DEREIX et peser le pour et le contre. (pour en savoir plus sur le
risque "pirates", cliquez ici)
La décision est prise maintenant. Nous ne rentrerons pas en
Méditerranée en avril prochain. Nous
préférons retarder notre retour en Europe d'un an que de
risquer une mauvaise rencontre avec les pirates.
Nous allons donc continuer notre voyage par l'Afrique du Sud.
Les contraintes météo nous obligent à attendre
avril 2011 pour entreprendre la navigation vers le sud de
l'Océan Indien (Rodrigue, Maurice et la Réunion).
PRO'S PER AIM va donc patienter en sécurité dans la marina de
Telaga sur l'île de Langkawi en Malaisie.
Nous allons l'y laisser
et quitter la chaleur tropicale pour nous rafraîchir en France
pendant les fêtes de fin d'année.
Mercredi 2 mars 2011 -
L'évolution de la férocité des attaques, leur
nombre et leur étendue géographique d'une part et
l'impossibilité de réserver une place en marina à
La Réunion où aucun mouillage n'existe, nous font
renoncer à faire voile vers les Mascareignes.
Une nouvelle décision est prise. Nous partirons demain pour
Singapour (430 milles) et Pro's Per Aim sera chargé sur un cargo
qui le transportera en Turquie où nous le rejoindrons en avion.
Pour les détails, voir la page "Pirates".