Le journal d'Isabelle



PRO’S PER AIM de retour en MEDITERRANEE
du 27 avril au 19 mai 2011

 

Mercredi 27 avril 2011 – Arrivée de Guy et Isabelle à Marmaris en Turquie

Depuis cet après-midi, nous sommes installés au Nadir Otel, tout près du port de Marmaris où Pro’s Per Aim doit arriver bien amarré en haut de l’EVEREST.

Nous avions tranquillement réservé un vol pour Dalaman via Istanbul et une voiture de façon à vadrouiller pendant une semaine puisque le cargo devait atterrir à Marmaris le 3 mai. Avant-hier, nous avions eu un message nous annonçant l'arrivée de l'Everest le 30 avril. Hier matin, pendant l'attente à Orly, nous avons consulté nos mails. Et là ... nouveau courriel : arrivée prévue le 28 ! Pour un peu, nous loupions le débarquement de Pro’s Per Aim.

A commencé un échange de mails avec la compagnie SEVENSTAR au sujet des formalités de douanes. Nous nous étions déjà fait racketter de 1500 euros à Singapour et les quinze bateaux qui ont été chargés à Male aux Maldives ont été encore plus volés que nous par les autorités locales.

SEVENSTAR nous avait d'abord dit que nous en aurions pour 400 à 500 euros à Marmaris et voilà qu'il écrit à tous les bateaux que ce sera 1100 euros. L'agent de Marmaris (le seul dont SEVENSTAR a les coordonnées) a eu envie de profiter de l'aubaine et il a plus que doublé son tarif ! Les bras nous en sont tombés. Guy a demandé par retour s'il était possible de débarquer à Gênes et combien cela coûterait.

C'était l'heure d'embarquer. Pendant l'escale à Istanbul, nous n'avons pas pu nous connecter.

A l'arrivée à l'aéroport de Dalaman, il faisait nuit et une voiture de location nous attendait : toute neuve, impeccable. Nous avons allumé le GPS qui ne connaissait pas l'adresse de l'hôtel à Dalyan. J'ai donc rentré les latitude et longitude données avec la réservation et nous voilà partis. Le GPS avait prévenu que le trajet empruntait des routes mal cartographiées ... nous nous sommes retrouvés sur des chemins non goudronnés et farcis de nids de poules. Quand Jacques, avec sa voix électronique, a enfin dit " Vous êtes arrivés à destination.", nous étions au milieu d'un carrefour et aucun hôtel aux alentours.

Heureusement les Turcs se couchent tard et vivent dehors. En leur montrant l'adresse, ils nous ont renvoyés douze kilomètres plus loin. Parvenus dans le village de Dalyan, il fallait trouver l'hôtel. Nous avons stoppé devant une boutique encore ouverte. Le monsieur ne parlait pas anglais, encore moins français mais quand on a envie de dormir dans un lit, on réussit à se faire comprendre. Il a pris notre feuille de réservation et a téléphoné à l'hôtel. Cinq minutes plus tard, juste le temps de lui acheter un paquet de gâteaux pour le remercier, nous étions pris en charge par le patron de l'hôtel qui nous a guidé jusqu'à son établissement. Pas plus polyglotte que son compatriote épicier, il a tenu à nous faire une démonstration pour utiliser la télé avant de comprendre que nous voulions plutôt le code de son réseau Wifi.

De nouveaux mails nous attendaient. SEVENSTAR nous disait que les américains, anglais et autres anglo-saxons, furieux, s'étaient mis en chasse d'un autre agent à Marmaris. L'espoir renaissait car on les sait redoutablement efficaces dans ce genre d'affaires.

Il ne restait qu'à dormir. C'est à ce moment qu'on a découvert que nous n'avions pas de drap de dessus. Il y avait une couverture fine en synthétique orange et une grosse couverture en plus dans l'armoire. Guy s'est rhabillé et est allé demander au patron de remédier au problème. Pas facile de s'expliquer quand on ne parle pas la même langue, le patron est donc monté voir dans la chambre. Nous avons compris que c'était comme ça et pas autrement. Le drap du dessus n'existe pas en Turquie. Du moins pas dans les hôtels bon marché. Ça s'est confirmé aujourd'hui à Marmaris.

Avec des boules Quiès, nous avons pu dormir. Il y a juste eu un réveil en sursaut vers 4-5 heures du matin avec l'appel à la prière du muezzin. Pas de chance … l'hôtel est à deux pas des mégaphones du minaret. Nous avions oublié ce bonheur !

Ce matin, il pleut, une petite pluie, celle qui plaît aux jardiniers et empêche le touriste de faire une excursion. La mort dans l’âme, nous renonçons à aller sur l’incroyable site lycien de Caunus de l'autre côté de la rivière.

La route jusqu'à Marmaris passe dans la montagne en traversant de vastes orangeraies avec de temps en temps des dizaines de ruches bleues alignées dans un champ ou à flanc de montagne. C'est qu'il en faut du miel pour les délicieuses pâtisseries orientales.

Cette fois le GPS nous conduit directement au Nadir Otel. Il paraît que ça veut dire "Hôtel unique". Il est en pleine ville à deux cents mètres du port.

Une fois de plus, on demande le code Wifi et on se précipite sur notre boîte mail pour apprendre que si nous étions débarqués à Gênes (pas sûr que ce soit possible) ce serait seulement 250 euros et que les anglo-saxons sont toujours sur la brèche.

Affaire à suivre … En attendant, sustentons-nous !

Nous déjeunons d'un kebab. Pas le sandwich comme en France, mais le vrai kebab avec la viande servie sur une assiette garnie de crudités, d’oignon cru (bonjour l’haleine !), de riz et d'un morceau de ce pain plat comme une crêpe. En fait, « kebab » signifie « petit morceau de viande ».

Promenade digestive dans le Grand Bazar où nous errons, à moitié perdus. Nous réussissons à retrouver l'hôtel mais pas le bijoutier où nous avions repéré un bracelet en argent pour compléter mon semainier. L’argent et l’or sont assez bon marché en Turquie. Il y a d’ailleurs de nombreux bijoutiers dans le Grand Bazar très touristique de Marmaris.

De retour à l'hôtel une bonne nouvelle nous attend : un agent, semble-t-il plus honnête que son confrère, a été déniché par nos amis anglophones. Quatre cents euros tout compris. Son bureau étant proche de l'hôtel, nous y sommes dix minutes plus tard. Nous y croisons les autres équipages qui viennent, comme nous, donner leurs papiers et verser la moitié du prix convenu. Pour nous faire patienter, un thé nous est offert, coutume turque de bienvenue.

Pour finir la journée en beauté, nous nous gavons de loukoum.

Ah ! J'oubliais ! Nouveau mail de SEVENSTAR.
Finalement, l'Everest arriverait le 29 .... C’est l’Arlésienne, ce cargo !

Samedi 30 avril 2011 – Marmaris

L'Everest est arrivé hier. Nous avons vu Pro's Per Aim et nous avons même pu monter à bord. Notre voilier est en parfait état si on excepte la poussière et le sel qui couvrent le pont.

La traversée, nous a dit un des marins du cargo, s'est bien passée : mer plate et pas de pirates. Il y a seize bateaux à décharger. Comme nous étions les premiers à Singapour, nous serons les derniers à être remis à l'eau, en fin d'après-midi ou demain.

A part ça nous sommes devenus addict  au thé turc et nous avons acheté ce qu'il faut pour en faire. Ce matin, le patron de l'hôtel nous a expliqué la marche à suivre pour le préparer pendant que nous prenions le petit déjeuner. Ce n'est pas un p'tit déj continental comme dans les grands hôtels. On nous apporte, posés sur une assiette, un œuf dur, une demi-tomate, un morceau de concombre et une tranche de fromage (de type féta). Le pain (bon !) et le thé (çay : on prononce tchaille) sont à volonté. On nous donne aussi beurre et confiture, parfois du miel en plus.

Le thé turc se prépare au bain-marie dans une théière en deux parties. Il faut se procurer du thé noir de la région de Rize au nord-est de la Turquie. On fait bouillir l’eau dans la partie inférieure en mettant les feuilles de thé dans la partie supérieure. Quand l’eau bout, on la verse sur le thé et on laisse infuser une demi-heure environ au bain-marie.
Le patron de l’hôtel et l’agent qui s’occupe des papiers nous ont donné quelques tuyaux pour parfaire la recette. Il faut laver les feuilles de thé à l’eau froide ce qui a le double mérite de les débarrasser de leur poussière et de les humidifier les empêchant ainsi de brûler quand on amène l’eau à ébullition dessous. De plus, un mélange de deux thés donne davantage de goût. Les deux nous ont conseillé l’Earl Grey avec ou sans bergamote. Le second thé se met alors dans la théière en même temps que l’eau.

Dimanche 1er mai 2011 - Marmaris

Aujourd’hui, c’est le grand jour. Pro’s Per Aim va enfin retrouver son milieu naturel et nous, notre chez-nous. C’est la Fête du Travail et en plus c’est dimanche, mais la marine marchande n’a que faire de ces considérations. Le temps à quai d’un cargo coûte très cher à l’armateur. Donc il n’y a pas de dimanche ou de fête qui tienne, il faut bosser.

Hier, le vent s’est levé dans l’après-midi, interrompant le déchargement. Il reste encore trois voiliers à remettre à l’eau. Nous serons les derniers, prévus en fin de matinée.

Les marins ont l’entraînement. Après la quinzaine de voiliers déchargés depuis trois jours, ils sont au point pour la manœuvre et tout se passe au mieux. Pro’s Per Aim est délicatement déposé sur les eaux claires de la baie de Marmaris. Avant de prendre le large, il faut purger le joint volvo comme à chaque fois que le voilier sort de l’eau et remettre les pataras qu’il avait fallu ôter pour le passage des sangles. Nous en avons pour une dizaine de minutes. Les marins, qui n’ont plus d’autres bateaux à préparer, quittent le pont. Un quart d’heure après, personne n’est en vue et le Capitaine est contraint à escalader l’Everest pour détacher nos amarres. Personne ne nous verra partir !

Nous jetons l’ancre en face la plage. Il y a du travail : l’annexe était en sécurité coincée entre la trinquette et le mât, il faut la remettre à l’eau. La place étant libre, nous lavons le pont à grands seaux d’eau de mer. C’est mieux que rien mais c’est loin d’être parfait. La poussière de Singapour est si grasse qu’elle ne partira qu’avec du polish.

Lundi 2 mai 2011 – Marmaris

Nous avons la voiture pour deux jours encore. Profitons-en !

Il faut réarmer l’annexe pour aller à terre. Le hors-bord démarre au quart de tour … mais … pas le moindre petit jet d’eau prouvant que le refroidissement fonctionne.

Il faut probablement remplacer l’impelleur. C’est une petite roue en caoutchouc qui fait circuler l’eau de mer dans le moteur pour le refroidir. Guy, mon prévoyant Capitaine, a la pièce de rechange bien rangée dans les fonds. Par contre, il n’a jamais eu à faire ce travail.

Rien n’est simple à bord d’un bateau, a fortiori, d’un petit voilier comme le nôtre. Le Capitaine commence par cogiter : neurones et synapses fument pour organiser le chantier de la réparation.

A grands renforts de bouts, de drisse et de palan, le hors-bord est fixé en l’air au dessus du cockpit protégé par une bâche. Guy dévisse la base en désaccouplant la tige de l’inverseur. Plus que quatre vis à ôter et l’impelleur apparaît. Il reste à le remplacer, à remonter le tout et à faire un essai. Un beau jet d’eau bien franc gicle. Parfait ! C’est réparé.

Il est déjà midi. Nous déjeunons avant de faire le tour de la presqu’île de Bozburun au sud-ouest de Marmaris. Pointe de l’Asie Mineure, elle est balayée par le meltem, vent du nord s’engouffrant avec violence pendant l’été entre les montagnes de la Turquie et celle de la Grèce, ou par le sirocco, ce vent sec et chaud qui a couvert Pro’s Per Aim d’une fine couche de sable du Sahara il y a quelques jours.  La végétation est rabougrie et rare sauf dans de petites vallées abritées où poussent les eucalyptus et les oliviers. La route serpente, monte et descend découvrant tour à tour un vallon verdoyant ou une crique aux eaux bleues et claires. Tout à coup, Guy pile. Une tortue, nonchalante, traverse devant nous. Nous en verrons deux autres, tout aussi peu prudentes, au cours de l’après-midi.

Mardi 3 mai 2011 – Marmaris

Dernier jour avec la voiture. Nous voici à Mugla, vieille ville ottomane avec quelques anciennes demeures et un bazar local beaucoup plus typique que celui, si touristique, de Marmaris. On y trouve surtout des ustensiles de cuisine en métal ou en plastique. Leur étalage sur le trottoir est photogénique à souhait. Entre deux boutiques de quincaillerie, se niche un barbier-coiffeur dont le salon ressemble à celui de Charlot dans le Dictateur. La barbe est faite avec le rasoir, ce coupe-chou qui fait frémir d’angoisse dans les films noirs.

Samedi 7 mai 2011 - Ciftlick en Turquie

Nous avons quitté la baie de Marmaris ce matin. Les papiers de sortie ont été faits hier. Théoriquement, nous n’avons que vingt-quatre heures pour quitter les eaux turques mais l’agent nous a dit qu’en cas de contrôle (et c’est rarissime !) il suffit d’un petit mensonge pour rassurer les autorités : comme, par exemple, une panne de moteur.

Nous n’abuserons pas. Nous profiterons juste de deux petites baies abritées de la côte sud pour mouiller la nuit et naviguer uniquement le jour.

Lundi 9 mai 2011 – Baie de Panormittis sur Simi en Grèce

En fin de matinée, nous sommes à Simi, île du Dodécanèse. Normalement, venant de Turquie, nous aurions du aller à Rhodes faire une entrée officielle dans l’Union Européenne mais le port de Mandraki a une réputation exécrable chez les voyageurs.

Pas le courage de se frotter aux difficultés d’amarrage puis à la suspicion des douaniers grecs toujours prêts à imaginer le pire quand on arrive de chez leurs frères ennemis, les Turcs.

Nous sommes donc dans l’illégalité … relative … car il suffira d’un petit mensonge. Puique nous n’avons pas eu à en faire en Turquie, il en reste donc à notre crédit. Cette fois, si on nous pose la question, il faudra dire que Pro’s Per Aim arrive d’Italie, de Cagliari par exemple, où il a hiverné. Les passeports couverts de tampons ont été rangés dans la cache et on a ressorti les cartes d’identité suffisantes en Europe. 
Ni vu ni connu, j’t’embrouille !

La baie de Panormittis est un port naturel parfait dominé par un monastère cité dans tous les guides : des bâtiments blancs et sobres contrastant singulièrement avec le clocher couleur terre de sienne et agrémenté de sculptures de visages, d’angelots et d’aigles.

Un vieux moine à l’imposante barbe grise est assis au soleil dans la cour intérieure. Pour ne pas perturber sa méditation, nous déambulons silencieusement dans le monastère qui vient de retrouver son calme après l’invasion de touristes débarqués tout à l’heure et repartis avec le ferry moins d’une heure plus tard.

Mercredi 11 mai 2011 – Baie d’Agrilithi sur Astipalaia en Grèce

Nous sommes encore dans le Dodécanèse. Hier, comme aujourd’hui, nous avons profité des quelques heures de calme avant le coup de meltem prévu par la météo. L’inconvénient, c’est que nous avons tout fait au moteur : hier pour aller au sud de Tilos et ce matin pour venir à Astipalaia où le Capitaine avait déniché un mouillage bien protégé du terrible vent du nord.

Nous y sommes seuls et tant mieux car la crique est profonde mais étroite. Si nous étions plusieurs, il faudrait sans doute porter des amarres à terre pour empêcher les bateaux d’éviter. 
Et puis … ours comme nous sommes … ça ne nous gêne pas.

Quelques maisons en ruines attestent un abandon des lieux. Les jeunes quittent les îles pour la Grèce continentale, les anciens se regroupent dans les villages principaux et les hameaux se vident. Seule la chapelle aux murs blancs et au dôme bleu ciel resplendit au soleil. Elle semble fraîchement chaulée. On ne laisse pas un lieu de culte se détériorer dans ce pays respectueux de la religion.

Un orage éclate. La pluie lave la poussière du désert qui restait sur le mât et les haubans. Pro’s Per Aim retrouve sa superbe. D’autant plus que j’ai usé de l’huile de coude pour faire briller les peintures du cockpit. Le vent va se lever dans la nuit. Il y en a pour trois jours à rester planqués. On est bien, l’ancre est solidement cramponnée au fond, la cambuse est pleine et les batteries sont chargées à bloc tant et si bien qu’on réussit à faire de l’eau avec le dessalinisateur sans avoir besoin du moteur.

Deux journées de lecture, d’écriture et de bavardages couverts de la tête au pied avec pull et chaussettes. Le meltem s’il nous fait échapper à la poussière rouge du désert est un vent qui nous glace à l’os. Les petits verres de thé turc ont du mal à nous réchauffer. Le Capitaine augure mal des prochaines navigations : il faudrait monter au nord-ouest et c’est précisément là d’où vient le vent.

Dimanche 15 mai 2011 – Village de Maltezana sur Astipalaia

Hier, Eole s’est un peu calmé et nous sommes allés à terre pour une randonnée sur les flancs des collines dominant le mouillage désert d’Agrilithi.

Aujourd’hui, retour à la civilisation : nous avons jeté l’ancre devant le petit village de Maltezana. Le meltem a calmi.

Les maisons blanches du village sont dans le creux de la vallée, un des rares endroits fertiles et verdoyant d’Astipalaia. Les volets de la plupart des habitations sont fermés, seule une taverne est ouverte. Quelques grecs préparent la saison d’été en repeignant les façades. D’autres aménagent le premier étage de leur maison pour en faire des « studios » qui seront loués aux touristes désireux de profiter d’une île tranquille et peu fréquentée.

Lundi 16 mai 2011 – Chora (Skala) d’Astipalalia

Nouveau changement de mouillage. Cette fois nous sommes au pied de la chora, autrement dit le village principal de l’île d’Astipalaia. Il est accroché au rocher qui surplombe la baie. Son nom, « Skala », qui veut dire « échelle », donne une bonne idée de la vue que nous avons depuis le mouillage.

Au sommet du rocher, après un dédale de ruelles « coupe-jarrets », se trouve le kastro en cours de restauration. Autrefois, cette enceinte fortifiée protégeait quelques maisons et deux églises des attaques. Dans la plupart des îles on trouve un kastro semblable, construit par les Génois ou les Vénitiens, afin de se garder des pirates et des Turcs de l’Empire Ottoman.

Demain nous quitterons le Dodécanèse pour l’île d’Amorgos dans les Cyclades. De nombreuses scènes du film culte « Le Grand Bleu » (Luc Besson) y ont été tournées. Nous mouillerons non loin de l’épave du caboteur Olympia échoué dans une baie déserte et qui a servi lors du tournage.

  

Jeudi 19 mai 2011 – Kimolos

Nous quittons Skhinousa, une des quatre îles habitées des Petites Cyclades, cap sur AndiParos. Mais une fois de plus nous avons le vent dans le nez et une fois de plus il faudrait y aller au moteur ... contre la mer bien sûr !

Alors le Capitaine, ne supportant plus que Pro’s Per Aim ne soit qu’un bateau à moteur depuis des mois, met un peu de barre à gauche, direction Sifnos, pour que ça tienne avec les voiles. Nous sommes au près, ça gîte dur et le bateau tape dans les vagues. Les premiers symptômes du mal de mer me font bailler à décrocher la mâchoire. Alors je me couche.

Deux heures plus tard, à mon réveil, Guy m'annonce que le vent a continué à refuser et qu'il a mis le cap sur Kimolos, l'île juste au nord de Milos. 

La boucle est bouclée

Nous y étions il y a cinq ans. Ce fut le point le plus à l’Est de notre croisière en Méditerranée.